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La campagne

Bilan médiatique provisoire

Bilan médiatique provisoire

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Une campagne électorale, autant – sinon plus – qu’un évènement politique, c’est un évènement médiatique. Si cet énoncé vous scandalise, attendez de voir ce qu’en dit Jean-François Dumas, président et fondateur d’Influence Communication, firme spécialisée dans la surveillance et l’analyse de médias. «Une campagne électorale, c’est un show de téléréalité, dit-il. C’est Occupation triple. Ou quadruple… Et ce n’est pas le moment pour le contenu fouillé.»

Une campagne électorale, autant – sinon plus – qu’un évènement politique, c’est un évènement médiatique. Si cet énoncé vous scandalise, attendez de voir ce qu’en dit Jean-François Dumas, président et fondateur d’Influence Communication, firme spécialisée dans la surveillance et l’analyse de médias. «Une campagne électorale, c’est un show de téléréalité, dit-il. C’est Occupation triple. Ou quadruple… Et ce n’est pas le moment pour le contenu fouillé.»

Ouille. Entre autres choses, Influence communications mesure, à intervalles réguliers, le «poids médiatique» de différents éléments d’actualités: c’est-à-dire la proportion de l’espace (ou du temps d’antenne) qui est accaparé par un sujet donné. On peut difficilement trouver meilleur interlocuteur pour dresser le bilan médiatique de cette campagne.

Premier point: la campagne qui s’achève aura été la plus médiatisée au Québec depuis 10 ans. «La médiatisation s’est accrue à chaque récente campagne, dit Jean-François Dumas. C’est peut-être, en partie, parce qu’on ne sait pas qui va gagner; mais il y a beaucoup d’intérêt. C’est très intense, comme couverture.» Au début des années 2000, le poids médiatique ­accaparé par les campagnes électorales était de 5% à 6% sur une semaine. Actuellement, cela tourne autour de 20%!

Partis, chefs et sujets abordés

De quoi – et de qui – parle-t-on surtout? Lors du bilan fait à mi-chemin de la campagne, soit le 23 mars, le Parti libéral récoltait 37,9% de l’attention médiatique; le PQ 36%; la CAQ, près 17,8%; Québec solidaire 7,9%; et Option nationale 0,28%. Des résultats assez près des résultats des sondages… Ce qui, semble-t-il, est l’habitude. «Jusqu’à présent, le parti politique le plus médiatisé est toujours celui qui est élu, observe Jean-François Dumas. Un parti politique, c’est une boîte de savon. Pour qu’on l’achète, il faut qu’il soit visible.» Et les chefs? Dans tous les cas, le chef est plus médiatisé… sauf chez les Libéraux, Philippe Couillard se révélant moins populaire que l’ensemble de ses candidats.

Quant aux sujets abordés... Le tour d’horizon, hélas, n’est pas à la gloire des médias. «Les questions liées à l’environnement, la famille, la santé, la langue, la pauvreté et les autochtones n’ont jamais, en 10 ans, généré si peu d’intérêt, note Jean-François Dumas. Et l’éducation, ce n’est pas fort non plus.» Ainsi, les questions de santé ont occupé, pendant la campagne, 4,5 fois moins d’espace qu’en temps normal. La question des infrastructures? Neuf fois moins! «Et, même si l’économie est en principe un thème dominant, on en traite 20% de moins que d’habitude, ajoute Jean-François Dumas. Déjà qu’en temps normal, on en parle moins au Québec que partout ailleurs au Canada…» On est donc obligés de dire que, globalement, la campagne aura nui à l’intérêt médiatique pour ces sujets.

Quant aux questions qui concernent ce qu’on pourrait appeler «le tissu social» (la pauvreté, l’emploi, la situation des jeunes, des aînés, des autochtones), on n’en a à peu près pas parlé. Mais là, rien de nouveau, ni d’étonnant, paraît-il. «Ce sont toujours les grands oubliés », dit Jean-François Dumas.

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