/news/health
Navigation
Santé | Obsessions

Des obsessions qui mettent des vies en péril

Soucieuses de leur apparence, des femmes enceintes s’infligent des régimes sévères

Coup d'oeil sur cet article

Régimes draconiens et séances d’exercice excessives, de plus en plus de femmes s’infligent un rythme de vie malsain durant leur grossesse par obsession pour leur poids, allant même jusqu’à mettre leur vie et celle de leur enfant en péril.

Régimes draconiens et séances d’exercice excessives, de plus en plus de femmes s’infligent un rythme de vie malsain durant leur grossesse par obsession pour leur poids, allant même jusqu’à mettre leur vie et celle de leur enfant en péril.

Prendre le moins de kilos possible pendant la grossesse et retrouver sa taille de guêpe rapidement après l’accouchement, telle est la philosophie derrière la mommyrexie (contraction de mommy et anorexie), un phénomène qui inquiète plusieurs spécialistes de la santé.

Bien qu’aucune statistique ne fasse état de la situation, il semble que le nombre de femmes anorexiques et enceintes tende à augmenter au Québec, plusieurs d’entre elles voulant suivre l’exemple des stars hollywoodiennes.

Bien des magazines ont d’ailleurs fait leurs choux gras des Angelina Jolie, Nicole Kidman et Victoria Beckham qui arboraient des silhouettes rachitiques parées d’un petit ventre alors qu’elles étaient enceintes.

Standard irréaliste

Bombardée d’images de stars glamours et sveltes pendant et après leur grossesse, la société prend pour modèle des mères hors normes, croit Dominique Poirier, intervenante chez Anorexie et boulimie Québec.

«On montre aux femmes enceintes un standard irréaliste, explique-t-elle. Après avoir accouché, deux semaines plus tard, elles devraient avoir retrouvé leur taille d’avant grossesse, alors qu’on sait très bien que physiologiquement, ce n’est pas réaliste.»

Cette propagande de l’anorexie pendant l’enfantement fait par ailleurs souvent scandale.

«Ça me choque vraiment quand je vois ça», lance Marie-Ève, jeune mère anorexique d’une fillette de huit mois (voir autre article). Je sais qu’il y a des femmes qui se laissent influencer par ces vedettes-là et qui rêvent de leur ressembler en adoptant le même régime de vie qu’elles. Ça me fait capoter», renchérit-elle, déplorant que les stars fassent la promotion de la maladie contre laquelle elle se bat depuis quatre ans.

Phénomène en croissance

Selon la Dre Marie-Julie Cimon, médecin psychiatre au CHU au sein de l’équipe d’intervention en troubles des conduites alimentaires, cette croissance de mommyrexiques est en partie attribuable à l’accessibilité de la procréation assistée.

«Une femme qui souffre d’anorexie sévère va perdre ses menstruations et n’aura pas la possibilité d’ovuler, donc d’avoir un enfant», explique la spécialiste qui, depuis 2007, traite toutes les patientes enceintes de la région de Québec qui présentent des problèmes d’anorexie et de boulimie.

«Cette fille-là, si elle voit qu’elle ne tombe pas enceinte, mais qu’elle est plus ou moins à même de constater que c’est son trouble alimentaire qui cause ça, elle peut maintenant se rendre dans une clinique de fertilité.»


Commentaires