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Le Québec | Une histoire de famille

Le Thibault

La «grande désolation»…

Le Thibault

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Durant la nuit du 4 au 5 août 1689, les habitants du canton de Lachine sont attaqués par des guerriers iroquois. Parmi les victimes, Mathurine Thibault meurt brûlée dans sa maison…

Durant la nuit du 4 au 5 août 1689, les habitants du canton de Lachine sont attaqués par des guerriers iroquois. Parmi les victimes, Mathurine Thibault meurt brûlée dans sa maison…

Les Thibault ont la chance de disposer d’une association très dynamique qui publie un bulletin, organise des rassemblements régulièrement et encourage des recherches sur cette famille qui, en 2005, occupait le 31e rang des patronymes québécois les plus importants.

Au 17e siècle, Thibault (ou Thibaud, Thibeau, Thibau) était un nom assez commun en France. Selon les généalogistes, 16 pionniers auraient introduit ce patronyme au Québec. Originaire de l’île de Ré, François Thibault (1647-1724) serait le plus important d’entre eux car lui et sa femme Élisabeth-Agnès Lefebvre ont eu 12 enfants.

Parmi les Thibault qui s’installent en Nouvelle-France, il y aussi une fille du roy, prénommée Mathurine. Les informations sur elle sont fragmentaires. Née autour de 1632 et originaire de Saumur, elle fait partie du tout premier contingent des filles du roy débarquées à Québec en 1663. Elle savait écrire, du moins assez pour signer son nom.

Seulement quelques semaines après son arrivée, le 26 novembre 1663, elle épouse Jean Milot dit le Bourgignon, un maître taillandier (fabriquant d’outils), un homme prospère. Le couple aura 6 enfants. Sa mort a longtemps été entourée d’un halo de mystère, jusqu’à ce qu’un chercheur tombe sur les minutes d’un procès intenté à son mari en 1695 par un voisin.

Effroyable massacre

En septembre 1689, le gouverneur Frontenac, de retour d’une longue et difficile traversée, entend les récits du massacre de Lachine. La colonie est alors plongée dans une « grande désolation » écrit-il à son ministre.

« Il serait difficile, poursuit-il dans une missive détaillée qui donne froid dans le dos, de vous présenter la consternation générale que je trouvai parmi tous les peuples [qui] n’étaient pas encore revenus de la frayeur qu’ils avaient eue de voir à leurs portes brûler toutes les granges et maisons qui étaient en plus de trois lieues du pays dans le canton qu’on appelle la Chine et enlever plus de vingt six personnes tant hommes que femmes et enfants, après en avoir massacré plus de 200 dont ils avaient cassé la tête aux uns, brûlé, rôti et mangé les autres, ouvert le ventre des femmes grosses pour en arracher les enfants et fait des cruautés inouïes et sans exemple ».

Le soir du 4 août 1689, il pleut à boire debout. Environ 1500 guerriers iroquois quittent les rives de La Prairie en canot et traversent le lac Saint-Louis en direction de Lachine. À cause des pluies diluviennes, ils auraient pris les habitants complètement par surprise. Le fort érigé quatre ans plus tôt, financé par les deniers du curé Pierre Rémy, ne parvient pas à protéger les habitants.

Ce triste épisode survient dans une époque de grande tension. Deux ans plus tôt, les troupes françaises dirigées par Denonville avaient effectué des attaques préventives contre les nations iroquoises et brûlé leurs récoltes. Le massacre de Lachine avait donc toutes les allures d’une vengeance.

La riposte du gouverneur Frontenac sera terrible. Trois raids sont organisés contre des villages de la Nouvelle-Angleterre. Si on s’en prend à des familles anglo-américaines plutôt qu’à des Iroquois, c’est qu’on soupçonne celles-ci d’avoir fourni des armes à leurs alliés amérindiens. Ces attaques surprises seront suivies d’une grande expédition anglo-américaine qui, en vain, tentera de prendre Québec durant l’été 1690.

Cette escalade de la violence prendra fin onze ans plus tard grâce à la signature du traité de la « Grande paix » de Montréal. Après un siècle d’affrontements sanglants et de terreur, on déposait enfin les armes…

C’était ma dernière chronique dans le cadre de cette série sur nos familles. Merci à Julie Snyder et à Marie-France Bazzo pour cette magnifique initiative et à vous tous, chers lecteurs, pour vos nombreux messages.


Le site de l’association des Thibault : https://www.genealogie.org/famille/thibault

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