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Chirurgie bariatrique

Des patients en colère

Forcés de payés pour un suivi médical ou pour être opérés plus vite

Annick Gomez-Demaura
Photo ben pelosse Annick Gomez-Demaura soutient qu’elle s’est tournée vers le privé parce qu’elle ne pouvait pas attendre trois ans pour subir sa chirurgie bariatrique. L’état de santé de la mère de famille se dégradait trop.

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Une patiente qui avait besoin d’un suivi après sa chirurgie bariatrique s’est fait dire par l’Hôpital du Sacré-Coeur que sa seule option pour voir le spécialiste de l’hôpital était de payer pour le voir au privé.

Une patiente qui avait besoin d’un suivi après sa chirurgie bariatrique s’est fait dire par l’Hôpital du Sacré-Coeur que sa seule option pour voir le spécialiste de l’hôpital était de payer pour le voir au privé.

«C’était 300 $ pour la consultation. C’est pas correct parce que c’est normalement couvert par la RAMQ», dénonce Annick Gomez-Demaura.

Comme de nombreux patients, elle a réagit hier à notre reportage sur la chirurgie bariatrique à deux vitesses. Notre Bureau d’enquête indiquait qu’il fallait trois ans aux obèses morbides pour être opérés à l’Hôpital du Sacré-Coeur ou un mois en payant 20 825 $ au privé. Tout ça avec les trois même chirurgiens affiliés à l’hôpital.

Hypothéquer sa maison

Incapable d’attendre au public, Annick Gomez-Demaura a hypothéqué sa maison de Laval pour payer sa chirurgie au coût de 24 000 $ à Toronto en 2013.

Lorsqu’elle est revenue au Québec, elle s’est adressée à l’Hôpital du Sacré-Coeur pour son suivi. La responsable qui l’a rappelée lui a dit que pour voir le Dr Pierre-Yves Garneau, il fallait absolument aller à la clinique Rockland MD.

Là-bas, on lui a dit que c’était 300 $ pour la consultation et 150 $ pour chaque ajustement de sa bande gastrique par l’ajout de solution saline (infiltrations). Elle a contacté la RAMQ qui lui a répondu que ces soins étaient couverts par le régime public.

Elle s’est donc tournée vers le CLSC Ste-Rose où on lui a fait deux infiltrations gratuitement. Puis, comme elle a eu des complications, elle a dû retourner au privé. Elle s’est rendue deux fois pour être vue par un spécialiste d’Ottawa qui demande 50 $ par rencontre.

Trop pauvre

Yves Soucy, lui, attend son opération à Sacré-Coeur depuis novembre 2010. Sur l’aide sociale, il n’a pas eu les moyens de payer pour la chirurgie au privé. Il subira finalement son opération d’ici les prochains mois. «C’est une attente interminable. J’ai capoté, j’étais désespéré. J’ai même pensé au suicide à l’occasion», dit l’homme de 46 ans qui pèse 336 livres.

 

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