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Lendemain de veille

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Entre l’euphorie libérale d’une victoire majoritaire inespérée, la remontée spectaculaire de la CAQ et l’agonie existentielle du Parti québécois, les Québécois demeurent partagés.

Entre l’euphorie libérale d’une victoire majoritaire inespérée, la remontée spectaculaire de la CAQ et l’agonie existentielle du Parti québécois, les Québécois demeurent partagés.

Le verre à moitié plein

La moitié des Québécois sont satisfaits de l’élection du nouveau gouvernement majoritaire du Parti libéral du Québec, mais l’autre moitié ne l’est pas. La majorité francophone est malheureuse alors que la quasi-totalité des anglophones sont heureux. Québec et Montréal sont satisfaits alors que le reste du Québec ne l’est pas. Les personnes âgées se félicitent alors que les jeunes le déplorent.

Certains ont voté par conviction, plusieurs ont voté par opposition, mais la majorité a voté par élimination.

Le renouveau libéral

Pourtant, la victoire libérale est totale. Non seulement ils ont gagné la majorité des sièges, mais ils ont convaincu l’électorat qu’ils avaient suffisamment changé depuis la défaite de Jean Charest, il y a à peine dix-huit mois. Avec 45 députés sur 70 provenant de l’équipe de Jean Charest, Philippe Couillard a réussi l’impossible pari d’incarner le renouveau.

L’opposition divisée

Le Parti libéral est le «Natural governing party» au Québec ayant remporté 25 des 41 élections générales. Seul le regroupement des forces nationalistes sous l’Union nationale (6 fois) et sous le Parti québécois (5 fois), depuis le début du vingtième siècle, a réussi à battre la machine libérale.

Et les libéraux pourraient être au pouvoir encore longtemps, car l’opposition est faible et divisée. Le PQ a obtenu le deuxième pire score de son histoire, à peine mieux que les résultats de sa première élection de 1970. La CAQ a sauvé son âme, mais a perdu plus de 200 000 votes. Québec solidaire peine à sortir du Plateau et Option nationale a disparu.

Les sondages ont vu juste

L’autre grand gagnant de cette campagne électorale aura été les maisons de sondage. Malgré un électorat très volatil et infidèle, nous avons bien mesuré la montée libérale, la débandade péquiste, la remontée de la CAQ et le plafonnement de Québec solidaire. Nous avions aussi prévu l’élection d’un gouvernement libéral.

« Separatism is dead »

La grande majorité des Québécois croient que le PQ et l’option souverainiste survivront à la catastrophe électorale. Mais, encore une fois, les anglophones font l’erreur de croire que cette élection sonne la fin de la croisade souverainiste.

Pierre Elliott Trudeau avait affirmé en 1974 que le séparatisme était mort. Deux ans plus tard, le PQ prenait le pouvoir. Depuis ce temps, l’annonce de la mort de la souveraineté a été prononcée à plus de 25 reprises.

Comme un lendemain de veille, la fête est finie, les invités sont partis et c’est le temps du grand ménage. Et si vous avez la gueule de bois et que vous avez besoin d’aide, le docteur Couillard sera là pour les quatre prochaines années.

 

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