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Avions, pilules et frigos «intelligents» hors contrôle

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La faille de sécurité Heartbleed a plongé Internet en crise (voir mon billet sur ce sujet). Mais ce n’est que d’Internet. Qu’en est-il des objets qui nous entourent?

Plus petite que la tête d'une épingle est la puce wifi que la firme Proteus Digital Health insère sur des pilules de médicament qui avertissent vous et votre médecin du moment où vous les avez prises. La dimension de la puce wifi que la firme Proteus Digital Health insère sur des pilules de médicament qui avertissent vous et votre médecin du moment où vous les avez prises.

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Avril 2013, un consultant en sécurité révèle comment il a pris le contrôle d’un avion avec une application pour téléphone Android.

Novembre 2013, un blogueur découvre que sa télé LG l’espionne. Chaque fois qu’il change de chaine, l’information est transmise au fabricant. Il a beau régler cette fonction à Arrêt. Rien n’y fait, les informations continuent à être transmises à LG.

Janvier 2014, une firme de sécurité révèle le piratage d’environ 100 000 appareils afin d’envoyer des pourriels. Parmi eux: des routeurs sans-fil, des systèmes d’alarme résidentiels, des webcaméras et un... frigo.

L’INTERNET DES OBJETS

Actuellement, 10 milliards d’objets seraient connectés sans fil à Internet. Ce nombre bondirait à 30 milliards vers 2020. Probablement plus. Car on imagine encore à peine la myriade d’objets qu’on pourrait utilement connectés à Internet.

Des pilules par exemple. Depuis quelques années, les autorités de santé d’Europe et des États-Unis autorisent la commercialisation de pilules avec micropuce électronique sans fil. Des pilules qui servent à examiner l’intérieur de notre corps. Des pilules qui appelleront bientôt notre téléphone si on les oublie. Ou confirmeront leur prise à notre médecin.

Cliquer pour accéder à la vidéo expliquant comment la pilule avec puce wifi transmet des informations à votre appareil mobile qui avertit à son tour votre médecin et autres professionnels ou établissements de santé. Cliquer pour accéder à la vidéo expliquant comment la pilule avec puce wifi transmet des informations à votre appareil mobile qui avertit à son tour votre médecin et autres professionnels ou établissements de santé.

Les industriels numériques s’intéressent désormais aux objets que nous utilisons, portons sur nous ou en nous, ou se retrouvent autour de nous. Un immense marché.

Ainsi en janvier, Google a dépensé 3,2 milliards pour acheter Nest, un fabricant de détecteurs de fumée et thermostats. Ses détecteurs de fumée font la différence entre une toast qui brule et un vrai danger. La nuit, ils allument leur veilleuse si nous devons aller à la toilette. En cas de problème, ils appellent les pompiers et nous dictent des instructions à suivre.

CONNECTÉS ET VULNÉRABLES

Individuellement, ces gadgets sont utiles, et même cools. Ensemble ils produisent et transmettent silencieusement des informations sur tout ce que nous faisons. 24 heures sur 24. Même en notre absence.

Surtout, ces gadgets agissent. Sur notre environnement. Sur nous.

Avant même l’Internet des objets, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis considérait que l’Amérique du Nord était déjà trop vulnérable aux cybermenaces. Grâce à Internet, des ennemis peuvent déjà trop aisément dévaster nos hôpitaux, transports, pipelines, réseaux électriques, banques, systèmes financiers et services publics.

Avec l’Internet des objets, les risques s’étendent progressivement à nos maisons, véhicules, outils, pilules. À travers divers ponts vers Internet: routeurs, téléphones, tablettes, compteurs électriques.

Or nous ne savons pas à quel point leurs fabricants font eux-mêmes partie des menaces. Ni même nos propres gouvernements.

TEMPS D’EN DÉBATTRE

On ne peut laisser l’initiative aux seuls fabricants de gadgets.

À Québec comme à Ottawa, nos députés doivent lancer le débat. Les autorités de sécurité publique, la Commission d’accès à l’information et la Commissaire à la protection de la vie privée doivent l’éclairer.

Nous devons pouvoir décider démocratiquement des limites, conditions, règles du jeu et protections pour que notre environnement numérique nous serve plutôt que nous asservisse.

2 commentaire(s)

Nicole Bourget dit :
12 avril 2014 à 10 h 52 min

Faudrait y penser vraiment, le frigo connecté à internet, on y ajoute le système d'alarme, le contrôle du chauffage et évidemment le ipad, portables et autre gugus électroniques sans oublier le téléphone intelligent avec lequel nous sommes connecté en permanance, mais oh là, c'est la crise quand arrive le compteur d'Hydro Québec qui lui serait à l'extérieur de la maison ! Cherchez l'erreur ???

Max dit :
12 avril 2014 à 23 h 27 min

Le lendemain j'ai demandé a ma femme : peut-on cacher un avion? Puis un jour après quelqu'un pourrait-il prendre le contrôle de l'avion en vole? J'ai été inspiré par le fait que des iranions ont fait attérir un drône américain et l'ont présenté aux journaliste. Pourquoi? Si c'était une attaque terroriste, pourquoi on dévié l'avion et le faire parcourir des milliers de km? Je ne suis pas amateur de complot, je n'y ai jamais cru. Mais l'histoire de cette avion est troublant. Merci pour cet article très intéressant et qui fait réfléchir.