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L’avenir de la souveraineté (1)

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L’hebdomadaire français Le Nouvel observateur annonçait à la une de son édition internationale, cette semaine, «La fin du Québec libre». Manière brutale de dire les choses. Les Québécois doivent-ils faire leur deuil de l’indépendance? Cette question s’est imposée brutalement lundi dernier avec la débandade du PQ.

L’hebdomadaire français Le Nouvel observateur annonçait à la une de son édition internationale, cette semaine, «La fin du Québec libre». Manière brutale de dire les choses. Les Québécois doivent-ils faire leur deuil de l’indépendance? Cette question s’est imposée brutalement lundi dernier avec la débandade du PQ.

Ce désespoir, on l’a vu chez certaines figures de la génération des baby-boomers qui ont publiquement jeté l’éponge. On comprend certainement leur amertume. Ils ont lutté toute leur vie pour la souveraineté et ne la voient plus possible de leur vivant. Ils annoncent donc qu’elle n’adviendra jamais.

Mais c’est le travers des boomers: ils croient que le monde est né et périra avec eux. S’ils n’ont pas réalisé leurs idéaux de leur vivant, c’est que ces idéaux n’ont aucune chance de leur survivre. Ils oublient pourtant que l’aspiration à l’indépendance ne vient pas de 1960, mais du fond de notre histoire.

Depuis deux siècles

C’est d’ailleurs ce qui fait sa force. Elle est connectée aux couches les plus profondes de notre identité. À chaque génération, depuis deux siècles, elle a surgi comme une évidence: pourquoi le peuple québécois ne se gouvernerait-il pas lui-même? Souvent on a enterré cette idée. Toujours elle est parvenue à renaître.

Mais si les souverainistes doivent éviter le désespoir, ils ne doivent pas non plus verser dans le déni. Le nationalisme peut-il se détacher un temps de l’indépendance? Même si tel était le cas, il faudrait dans notre société quelques gardiens et conservateurs de cette espérance vitale qui s’assureraient qu’elle ne meure pas et ne se folklorise pas non plus.

On a beaucoup parlé de la question identitaire. Il est fascinant, pourtant, de voir à quel point elle est mal comprise. Certains l’ont réduite à une combine électorale. Faux. D’ailleurs, bien qu’elle ait été victime de l’effondrement électoral, la charte des valeurs demeurait l’élément le plus populaire du program­me péquiste. Elle témoignait d’un désir d’identité nationale.

Le « programme identitaire »

Mais l’identité ne saurait s’y réduire. Le programme «identitaire» des dernières années ratissait plus large. Il voulait renouveler la loi 101, renforcer l’enseignement de l’histoire, ajuster nos politiques d’immigration à nos capacités réelles d’intégration. C’est d’ailleurs en puisant dans ce programme que François Legault veut se donner une crédibilité nationaliste.

Certains voudront la mettre au goût du jour. La dissoudre dans les modes médiatiques. Ils ne devraient pourtant pas oublier l’essentiel: c’est de la survie même d’une petite nation francophone qu’il est question. C’est en répondant à cette aspiration légitime que l’indépendance redeviendra un projet réalisable.

Mais la tentation de la tête dans le sable guette les Québécois qui traduisent chacune de leurs défaites en avancée de la modernité. Le français régresse devant l’anglais? C’est que nous nous ouvrons sur le monde. Nous peinons à intégrer nos immigrants? C’est que nous sommes une société diversifiée. Nous fantasmons des progrès pour masquer la réalité de notre déclin.

Chose certaine, la course à la chefferie du PQ sera passionnante.

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