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Le temps d’une paix

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Le mouvement souverainiste s’engage dans une réflexion qui sera longue, difficile et à l’issue incertaine.

Le mouvement souverainiste s’engage dans une réflexion qui sera longue, difficile et à l’issue incertaine.

Méfions-nous de ceux qui prétendent déjà savoir les causes de la débâcle et les chemins de l’avenir. Ils confondent souvent réflexion et réflexe.

J’entends déjà des propos très légers, comme rendre la charte responsable de la défaite ou dire qu’il faut mettre le discours à la mode du jour pour séduire les jeunes.

Questions

Si la charte «divisait», alors qu’en est-il de la souveraineté elle-même? C’est la charte qui avait permis la spectaculaire remontée du PQ jusqu’au déclenchement.

Écoutez les souverainistes écossais, catalans ou d’ailleurs: tous les indépendantistes, de partout et de toutes les époques, ont toujours évoqué la fierté, la responsabilité, la liberté et l’identité.

Faire des ajustements, peut-être, mais où et quand a-t-on vu un peuple faire l’indépendance pour se joindre au Protocole de Kyoto? Franchement…

Si un jeune de 20 ans ne comprend rien à la souveraineté, est-ce parce que le discours est dépassé ou parce qu’il ne l’a jamais entendu? La réponse n’est pas évidente, mais si on enlève l’identité, quelles raisons fortes de faire la souveraineté restent?

Quatre questions seront au cœur de la réflexion.

Faut-il prioriser la conquête du pouvoir provincial ou la promotion de l’idéal souverainiste? Les deux sont de plus en plus difficilement compatibles. Comment parler de souveraineté? Quelle place pour le dispositif référendaire? Y a-t-il des possibilités d’alliances? J’y reviendrai.

Une autre difficulté compliquera le remue-méninges. Reportons-nous à 2003. Le PQ subit une lourde défaite. Bernard Landry lance la «Saison des idées».

Tout est sur la table, disait-il. Allons au fond des choses. Rien ne devait être exclu. On entendait ce qu’on entend maintenant.

L’exercice tourna en eau de boudin. Pourquoi? Souvenons-nous: M. Landry voulait rester chef, mais devait se soumettre à un vote de confiance lors d’un congrès. Mme Marois contestait son leadership assez ouvertement.

Chaque député choisissait son camp. Le SPQ libre profitait du contexte pour jouer du coude. Chacun faisait ses petits calculs. Il y avait des intrigues et des jeux de coulisse de toutes sortes.

Bref, les ambitions personnelles, légitimes au demeurant, torpillaient la réflexion parce que chacun avait la tête ailleurs. Les idées devenaient des pions sur un échiquier où se jouaient des destins individuels.

Danger

Cette fois, le contexte est différent, mais le danger est le même.

Dans un examen sans complaisance, vous devez envisager la possibilité dire des choses qui pourront déplaire aux militants. Mais si vous voulez qu’ils votent pour vous, vous serez tenté de leur dire ce qu’ils veulent entendre. La discussion devient alors une pièce de théâtre.

Lundi dernier, on avait la désagréable impression que la course à la succession était engagée. Ce serait une recette pour un nouveau désastre. Du calme.

 

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