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L’avenir de la souveraineté (2)

Plus la planète s’unit, plus se manifestera le désir d’avoir un chez soi

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Chez ceux qui enterrent l’idée de souveraineté, trois arguments reviennent systématiquement. D’abord, on mentionne que les jeunes ont décroché de l’idée souverainiste. Ensuite, que la mondialisation ferait de la souveraineté une idée dépassée.

Chez ceux qui enterrent l’idée de souveraineté, trois arguments reviennent systématiquement.

D’abord, on mentionne que les jeunes ont décroché de l’idée souverainiste.

Ensuite, que la mondialisation ferait de la souveraineté une idée dépassée.

Enfin, que l’immigration représentera un obstacle démographique à l’indépendance. Examinons-les.

Les jeunes ne seraient plus souverainistes. En partie. L’indépendance n’a pas pour les jeunes militants le charme des idées neuves. Ils préfèrent l’écologisme au nationalisme. Mais nuançons immédiatement. L’enthousiasme suscité par Jean-Martin Aussant sur les campus, avant son départ pour Londres, rappelle qu’il y a une disponibilité souverainiste dans la jeunesse.

Plus vastement, dans le 450, le vote caquiste, celui des jeunes familles, est spontanément nationaliste. Il se reconnaissait dans la charte des valeurs et est sensible au discours identitaire. Il s’agit moins d’un vote antisouverainiste que d’un vote d’abord inquiet du mauvais état du Québec. Ces jeunes peuvent revenir dans le camp du Oui.

Mondialisation et immigration

La mondialisation tuera-t-elle l’idée souverainiste? Elle arrive avec une idéologie qui veut effacer les États et les cultures. Elle laisse croire que les nations sont appelées à se fondre dans le métissage universel et qu’adviendra un «citoyen du monde», prenant forme dans les grandes métropoles.

Mais paradoxalement, elle révèle à l’homme un besoin fondamental: celui de l’enracinement. Plus la planète s’unit, plus se manifestera le désir d’avoir un chez soi. La défense de l’identité des peuples deviendra une forme profonde d’humanisme. La souveraineté pourrait répondre à cette aspiration.

La question de l’immigration est délicate. Effectivement, chez les immigrants, l’attachement au Canada est spontané. La presque totalité des circonscriptions montréalaises et lavalloises sont désormais inaccessibles aux souverainistes. D’ailleurs, l’intégration des immigrants ne fonctionne pas très bien.

Les souverainistes ne parviendront jamais à concurrencer Ottawa dans le multiculturalisme. Ce qu’ils peuvent espérer, c’est développer de meilleures politiques pour intégrer les immigrants à la majorité francophone. Aussi, ils doivent travailler à unifier le vote francophone nationaliste plutôt que de consentir à sa dispersion exagérée.

Démoralisant

J’ajouterais une explication supplémentaire aux trois exposées. Depuis cinquante ans, les Québécois ont énormément investi dans la question nationale. Leurs meilleures énergies politiques y sont passées. Pour rien. Le Québec n’est toujours pas indépendant. Il n’a même pas obtenu le statut de société distincte. Il a même perdu des pouvoirs.

Il y a là quelque chose de profondément démoralisant. Un peuple qui échoue dans une entreprise si vaste en paie le prix. Il mutile inconsciemment son identité. Chacun est alors tenté de tourner la page, pour oublier ce qui s’est passé, en se repliant dans la vie intime comme si la vie collective était désenchantée. Mais pour les Québécois, oublier la question nationale revient à s’oublier comme peuple. Car pendant ce temps, le Québec continue de régresser dans le Canada. Les souverainistes n’ont pas seulement à définir une nouvelle stratégie. Ils doivent travailler à faire renaître la conscience nationale. Ce travail va bien au-delà des calculs politiques à courte vue.

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