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Commission Charbonneau | Sans la collusion

«Si on ne fait pas de collusion, les petits vont mourir»

Serge Daunais, DG de la compagnie Pavages Maska, a témoigné devant la commission Charbonneau hier

Serge Daunais

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La commission Charbonneau enchaîne les témoignages répétitifs depuis plusieurs jours, après avoir suspendu ses audiences pendant trois semaines pour ne pas s'immiscer dans la campagne électorale.

Serge Daunais, directeur général de Pavages Maska, a fait son entrée à la barre hier matin. C'est le troisième entrepreneur en construction interrogé en l'espace de quelques jours sur la collusion exercée par une poignée de firmes, dans le but de se partager les contrats de pavages du ministère des Transports (MTQ).

Sans grande surprise, il a admis avoir passé des ententes avec ses deux plus gros concurrents, Sintra et DJL, afin de se diviser le territoire dans les années 90 et 2000. Selon lui, ces accords tacites de partage courent toujours.

«Encore aujourd'hui, on a un respect. Il faut que je fasse attention. Il ne faut pas aller trop piler sur les voisins», a-t-il déclaré le plus banalement du monde.

«Si on ne fait plus de collusion, les petits vont tous mourir», s’est-il justifié.

M. Daunais a expliqué qu'il n'avait «pas le choix de fonctionner par territoire», c'est-à-dire de soumissionner uniquement sur les chantiers situés à proximité de ses usines.

«Des bottines plus grosses»

Si l’entrepreneur s'aventure hors de ses frontières, il risque de marcher sur les plates-bandes de deux plus gros joueurs que lui, Sintra et DJL, et de subir leurs représailles, a-t-il sous-entendu.

« À court terme, on va peut-être gagner une étoile dans notre cahier, mais à long terme, on va perdre notre cahier au complet», a-t-il illustré. «Ils ont des bottines plus grosses (…), ça va faire plus mal quand ils vont répliquer», a-t-il ajouté.

Rappelons qu'entre 1997 et 2012, Sintra et DJL ont obtenu à elles seules 42 % des contrats de pavages du MTQ, soit 1,3 M$ au total.

Tout comme son prédécesseur Normand Bédard de Sintra, Serge Daunais a admis avoir été remboursé par son entreprise pour les dons politiques qu’il a versés aux partis provinciaux. Il a précisé avoir surtout financé les campagnes électorales du député libéral Pierre Paradis, mais que ce dernier n’était jamais intervenu pour que Pavages Maska reçoive des contrats du MTQ en retour.

Drapeaux rouges au MTQ

L’analyste enquêteur de la commission, Guy Desrosiers, a succédé à M. Daunais à la barre en fin d’après-midi.

Il continuera d’éplucher une dizaine de rapports en lien avec le MTQ dans lesquels il a relevé «plusieurs facteurs de risques» pouvant mener à soupçonner de la collusion et de la corruption.

 

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