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Enquête

« Financement corporatif » au PLQ, selon l’UPAC

Joël Gauthier
Photo d'archives L’ex-directeur général du PLQ, Joël Gauthier.

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L’ex-directeur général du Parti libéral du Québec (PLQ), Joël Gauthier, a avoué à la police qu’il y avait du «financement corporatif» au sein de sa formation politique. Les enquêteurs y voient une preuve que des firmes auraient violé la loi au profit du PLQ pendant des années.

Ce témoignage fait partie de nouveaux affidavits rendus publics hier par un juge, à la demande de plusieurs médias, dont Le Journal.

Les documents, qui contiennent des dizaines de pages, sont les plus incriminants à ce jour pour ce parti, dont Philippe Couillard est aujourd’hui le chef et qui vient d’être élu par les Québécois pour un mandat majoritaire.

Le 14 mai 2013, Gauthier a affirmé à un enquêteur de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) «qu’il n’y a pas d’argent “cash” au PLQ mais qu’il y a du financement corporatif».

Ce faisant, le directeur général du PLQ de 1999 à 2003 pourrait placer les agissements de la formation politique en contravention avec la loi provinciale. En effet, depuis 1977, seuls les individus, et non les entreprises, peuvent faire des dons aux candidats et aux partis.

D’ailleurs, le PLQ comptabilisait soigneusement ces dons «corporatifs» dans un document interne, considéré comme le comté 127, ont découvert les enquêteurs.

Joël Gauthier, qui fut nommé à la tête de l’Agence métropolitaine de Transport (AMT) en 2003, mentionne que lorsqu’il œuvrait au sein du PLQ, le financement sectoriel (provenant surtout de personnes travaillant dans certaines entreprises ciblées) était la norme, sous forme de chèques personnels.

« 25 000 $ d’un seul coup »

«Il mentionne que quand les bénévoles reçoivent les chèques et qu’ils reçoivent des 25 000 $ d’un seul coup, les responsables vont marquer qui est la firme cachée derrière ces dons», ont relevé les policiers.

En apparence, le financement sectoriel respectait la loi puisque le parti recevait des chèques personnels. Mais les policiers n’ont pas été aveuglés. Ils croient qu’un stratagème de prête-noms a été utilisé.

Deux autres directeurs du PLQ ont été rencontrés par les policiers, dont Robert Parent, qui a œuvré de 2003 à 2008. Dans deux déclarations écrites, ce dernier a également évoqué le financement sectoriel, mais n’a pas spécifiquement parlé de financement corporatif.

Indignation

Parent a expliqué aux enquêteurs que le rôle de l’homme d’affaires Marc Bibeau, considéré par certains comme le grand argentier du PLQ, «était d’identifier des gens et de faire de la sollicitation de manière bénévole».

C’est une employée du parti, Violette Trépanier, qui s’occupait de coordonner les événements de financement et de gérer les disponibilités des députés présents aux rencontres.

Personne n’a encore été accusé dans cette affaire et les allégations des policiers n’ont donc pas passé le test de la justice. Qu’importe, le Parti québécois a réagi avec vigueur, hier. La députée Agnès Maltais a demandé si la prétendue double comptabilité existe toujours et combien «d’argent illégal y a été dissimulé».

«Le nouveau premier ministre nous a promis de travailler en toute transparence», a-t-elle lancé, sommant Philippe Couillard de s’expliquer.

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