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Détresse psychologique

Importantes lacunes chez les aspirants policiers

police policier SPVM
Photo Archives / Agence QMI

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Alors que le milieu policier québécois a récemment été secoué par le suicide de deux de ses membres, les intervenants en santé mentale déplorent le manque flagrant de formation chez les futurs policiers au sujet des signes avant-coureurs de détresse psychologique. 

Le Bureau du coroner a confirmé, mardi, avoir retrouvé le corps d'Éric Martin, ancien chef des opérations de l'escouade Marteau dans les eaux du fleuve Saint-Laurent. Tout porte à croire que son décès serait volontaire. Quelques jours auparavant, un enquêteur du Service de police de Montréal (SPVM) s'est enlevé la vie dans sa résidence de Longueuil.

On le sait, les policiers sont à risque de développer des troubles de détresse psychologique en raison des scènes sensibles auxquelles ils sont confrontés. Mais les jeunes aspirants sont encore plus vulnérables à ce problème, a expliqué Jacques-Denis Simard, directeur de la Maison La Vigile, un organisme qui accueille les agents en détresse.

«On a affaire à des enfants-rois qui sont moins enclins à composer avec les drames. Ils font preuve de moins de résilience que les policiers qui ont plus de 50 ans, par exemple. Ils ont connu beaucoup de divorces et cela les affecte sur le plan affectif», a affirmé M. Simard.

Pas de formation à l'École nationale

Selon lui, les aspirants policiers ne reçoivent pas de formation adéquate pour les préparer au risque de détresse psychologique. «Les policiers savent quoi faire pour venir en aide aux citoyens, mais leur formation ne tient pas compte de leur santé personnelle», a-t-il ajouté.

L'École nationale de police du Québec (ENPQ) a confirmé qu'il n'y a aucune formation en ce sens offerte aux futurs agents de la paix. 

«Ce n'est pas un besoin qui a été exprimé par les corps de police. Ça ne fait pas partie de nos plans pour le moment», a expliqué la conseillère en communications de l'ENPQ, Andrée Doré. 

Mélissa Martin, psychologue au centre d'études sur le trauma de l'Institut universitaire de santé mentale de Montréal, abonde dans le même sens que M. Simard.

«Oui, on peut parler d'un manque de formation. Les policiers des corps municipaux ne connaissent pas les risques reliés au burn-out ou à la dépression», dit-elle.

En faveur d'un cours obligatoire

Mme Martin précise que les policiers du SPVM sont mieux outillés que les autres en raison de la création d'un programme de prévention interne, instauré depuis 1997. D'ailleurs, il semble que ce dernier ait porté ses fruits, puisque le taux de suicide au SPVM a diminué de 78 % entre 1997 et 2008.

Mme Martin et M. Simard estiment tous deux que l'ENPQ aurait tout intérêt à offrir une formation spécifique sur la détresse psychologique, afin que l'ensemble des policiers soit en mesure de détecter plus rapidement les signes de crise majeure. 

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