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Le retour du disque vinyle

Le disque vinyle fait un retour en force

Pierre Markotanyos
Photo d'archives Pierre Markotanyos, propriétaire du magasin Aux 33 Tours.

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Les disquaires sont remplis de ces disques et les plaques d’impressions de disques de vinyle ne dérougissent pas. Dans l’industrie, tous s’entendent: il y a manifestement un retour du 33 tours.

À la veille de la Journée des disquaires, qui aura lieu samedi, les propriétaires de boutique de disques se préparent. Près de 600 sorties inédites et rééditions sont prévues cette année, ce qui fera assurément courir collectionneurs et mélomanes chez leur disquaire préféré, partout à travers le monde. Les commandes ont été passées et certains disquaires ouvriront leurs allées aux artistes invités à se produire au milieu des vinyles.

Ouvert depuis 2007 sur l’avenue du Mont-Royal, à Montréal, Aux 33 Tours est devenu une référence en matière de disques de vinyle, neufs ou usagés.

Sur le plancher, Pierre Markotanyos, le propriétaire, tient près de 60 000 vinyles, et il en garde tout près d’un million dans un entrepôt, où des milliers de boîtes de carton «s’empilent jusqu’au plafond».

Il les trouve auprès de quelque 70 fournisseurs, de Warner et Universal aux petites compagnies indépendantes, en plus de récupérer les vinyles usagés.

Pierre Markotanyos l’affirme: les ventes de sa boutique sont en progression de 15% à 20% chaque année. «Il y a cinq ans, on avait une toute petite boutique et on a dû déménager l’an passé, rappelle-t-il. Nous avons le double de l’espace que nous avions avant.»

Internet et les Dj

Difficile de trouver une seule et unique raison à la recrudescence des ventes de vinyles dans les dernières années.

Les mélomanes diront qu’ils ne peuvent se passer du son chaleureux de la «table tournante» et les amateurs d’art en collectionnent les pochettes.

Selon Éric Constantino, copropriétaire du magasin Audiophonie, qui vend et répare des tables tournantes à Montréal, internet a grandement contribué à ce retour.

«Il y avait plusieurs produits qui n’étaient pas disponibles au Canada. Il y a une dizaine d’années, on a commencé à se rendre compte, sur internet, que ces disques ou ces tables tournantes étaient disponibles ailleurs dans le monde, se souvient-il. Ça a incité des distributeurs à les importer ici et beaucoup de produits discontinués ont réapparu sur le marché.»

Selon Jerry Fielden, représentant des ventes chez Duplication.ca, qui centralise les services pour les musiciens en matière d’imprimerie et de production, le scratching (rayer manuellement un disque de vinyle) effectué par les DJ a aussi aidé le 33 tours à résister à l’arrivée du CD. «Les jeunes sont restés indirectement en contact avec le vinyle grâce aux DJ. Il y a sûrement une relation de cause à effet.»

Un point de vue que partage Michel Duchesneau, le directeur de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique de l’Université de Montréal.

«Parmi ceux qui ont fait que le 33 tours ressurgisse, il y a les DJ. La technologie a évolué, mais, au début, ils utilisaient des platines», rappelle-t-il.

On sait aujourd’hui que les DJ ont recours à plusieurs autres moyens pour faire briller leur art, comme les ordinateurs, en plus des platines.

Pour tout le monde

«Il y a un rituel dans le fait de sortir un vinyle de sa pochette, de soulever le couvercle de la table tournante, de mettre le disque, de baisser l’aiguille et de vraiment déguster la musique, de l’écouter, explique Pierre Markotanyos. Ça va un peu avec notre envie de ralentir. Maintenant, on veut apprécier le temps et la musique.»

Il y a quelque chose de convivial dans l’air lorsqu’un vinyle joue, poursuit-il. «C’est beau, ça devient une œuvre d’art et un objet de discussion. C’est plus palpable que des mp3, et beaucoup plus personnalisé que d’aller sur son ordinateur cliquer sur “lecture aléatoire”.»

Qu’ils soient à la recherche de rock, d’électro, de classique, de punk ou de jazz, les clients qui se succèdent chez les disquaires sont de toutes les générations. «Les jeunes viennent se chercher le dernier Arcade Fire ou de l’électro, souligne Pierre Markotanyos. Il y a les gens dans la quarantaine qui s’achètent ce qu’ils écoutaient quand ils étaient jeunes. Et il y a ceux qui ont entre 55 et 60 ans qui s’achètent des disques de jazz à 60 $, qui s’ouvrent une bouteille de vin dans leur salon et qui écoutent la musique en la dégustant.»

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