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Postes Canada

Privatiser la poste, une mauvaise idée?

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Photo Archives / Agence QMI

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La privatisation de la poste ne ferait que diminuer les services, sans vraiment influencer les tarifs facturés aux consommateurs. La création d'une banque postale serait cependant une meilleure idée pour renflouer l'entreprise, selon l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), dans une note publiée mercredi matin.

L'organisme a fait le point sur les finances de Postes Canada, qui ne sont pas en très bonne santé. La société d'État a empoché 1,7 milliard $ de profits depuis 2001, mais a perdu 253 millions $ avant impôt en 2011. Son régime de retraite serait incapable de s'acquitter de ses obligations à long terme.

D'autre part, le courrier traité de 2008 à 2012 a chuté de 27 %, un recul qui s'accélère avec le temps. Le Canada a une faible densité de population.

Si l'Institut Fraser et l'Institut économique de Montréal (IEDM) ont déjà prôné la privatisation de Postes Canada, l'IRIS s'oppose à une telle solution. Il se penche sur l'expérience de pays comme l'Allemagne et l'Angleterre, qui ont mis les services postaux dans les mains d'investisseurs.

Les parts de marché respectives des anciens monopoles allemand et anglais sont encore de 91 % et 95 %. Les prix des services n'auraient pas varié de façon importante pour les consommateurs, mais ils auraient reculé pour les entreprises.

Par contre, en Allemagne, le nombre de bureaux de poste de Deutsche Post a diminué de 40 %. Le nombre d'emplois a diminué, générant des économies. La Ville de Berlin doit subventionner les salaires rendus faibles. Environ 1800 sous-traitants se partagent la cueillette du courrier.

La qualité du service en souffrira si ce modèle est adopté, affirme Simon Tremblay-Pépin, coauteur de la note. «Pour la plupart des gens, ça voudra dire qu'en région éloignée, il faudra soit arrêter le service universel [qui passe tous les jours] ou facturer plus cher. Si ce n'est pas le cas, le gouvernement fédéral doit le subventionner.»

Youri Chassin, économiste à l'IEDM, n'est pas convaincu par ces arguments. «En Europe, dit-il, les pays ont dû permettre la concurrence et ça fonctionne particulièrement bien. Le nombre de comptoirs postaux n'est qu'un facteur. Est-ce que les gens s'en servent tant que cela et sont-ils prêts à payer pour ? J'en doute.»

«Même sans grande révolution, a ajouté M. Chassin, il y a quand même une solution de rechange pour le consommateur. Reviendrait-on au monopole dans le [secteur du] téléphone ?» donne-t-il en exemple.

L'IRIS croit tout de même qu'il faut explorer d'autres solutions. La création d'une banque postale servirait à renflouer les coffres de Postes Canada. Beaucoup de sociétés postales européennes offrent déjà de tels services.

Postes Canada pourrait aussi se démarquer du privé en se servant davantage de sa capacité de livrer des colis, avec le commerce électronique en hausse.
 

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