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Le Dragon jaune attaque

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Depuis environ 2005 les orangeraies de la Floride sont  touchées par la maladie du «dragon jaune»(Candidatus Liberibacter) , une maladie bactérienne qui  bloque l'assimilation, par le fruit,  des nutriments de l'arbre. Le fruit devient alors acide, flétrit et tombe. Ce qui ne représentait que quelques arbres au début fera chuter la récolte floridienne à son plus bas niveau depuis 1985.

Cette maladie bactérienne a fait son apparition en Chine il y a environ 60 ans pour ensuite migrer vers l'Afrique et le Brésil il y a environ 10 ans. Cette bactérie n'est évidemment pas un fléau biblique, mais est transmise par un insecte piqueur-suceur proche des pucerons: le psylle asiatique (Diaphorina citri).  La famille des agrumes est l'hôte naturelle de cet insecte,  c'est à dire qu'elle leur fournit le gîte et le couvert. L'insecte, à ce stade-ci de l'évolution ne pourrait donc survivre dans un pommier ou un prunier.

Évidemment, vu l'importance économique de ce marché, la réplique ne s'est pas fait attendre. Elle s'incarne à merveille dans les propos de Michael Sparks, directeur général de Florida Citrus Mutual (FCM),  la plus grosse association de producteurs de la Floride: «Nous avons été durement touchés, mais nous avons foi en la science pour sauver notre industrie».

Eh bien à ce jour, en Chine, au Brésil et en Floride, la solution scientifique a été de pulvériser des milliers de tonnes supplémentaires de pesticides sur la tête de l'insecte. L'équivalent de donner une allumette à un pyromane. On envisage même des arbres OGM.

La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s'attendre à un résultat différent. Albert Einstein
Au premier rang de cette pandémie, un des premiers symptôme de l'agriculture industrielle : les monocultures. Par exemple, si vous êtes un important producteur floridien comme Ellis Hunt, vous cultivez des agrumes sur 2000 hectares. 

Si en plus, comme Ellis Hunt, vous faîte partie de la Florida's Natural Growers, la plus importante coopérative de producteurs d'oranges de Floride, alors ce n'est plus 2000 hectares de monoculture que vous avez, mais plutôt 20 000 hectares.  20 000 hectares d'un buffet avec un seul aliment au menu: des agrumes. Qui sera donc surpris de la prolifération des insectes qui leur sont associés?

N'importe quel organisme nourri d'un seul aliment sera carencé. Il en va de même pour un écosystème. Les monocultures privent la nature de la biodiversité nécessaire au contrôle des populations d'insectes ravageurs. Les paysans eux l'ont compris!

 

Pesticides

On devine que les dérèglements introduits par ses immenses monocultures ont des conséquences. La première fût des infestations d'insectes ravageurs en raison d'une diminution de leurs prédateurs. Alors la science des chimères à répondu par un arsenal de pesticides, fongicide et herbicide. Pour cette superficie de 20 000 hectares cela représente des milliers de tonnes annuellement, depuis les années 60.

Voila ou la phrase d'Albert Einstein prend tout son sens. L'utilisation des pesticides a diminué drastiquement les prédateurs des insectes ravageurs. Sur plus de 40 ans ces épandages systématiques ont eux pour effet de développer des mécanismes de résistances chez les insectes ravageurs.

Le Figaro, parlant de la situation floridienne relate que «l'épandage d'insecticide, très coûteux, se généralise mais ne protège les cultures qu'une trentaine de jours (contre 45 auparavant).» Ainsi la boucle se referme et tient à la gorge le producteur agricole en le rendant esclave d'un modèle ou il ne peut s'en sortir...seul.

La solution? Elle réside dans un virage de l'agriculture vers l'agroécologie.
Chacun devra choisir sa manière: à la dure ou graduellement. Les victimes économiques seront nombreuses. Il reste une chose l'agriculture chimique nous a coûté cher.....sa transformation nous en coûtera le double. Oui, l'état devra soutenir la reconversion des agricultures, comme elle a soutenu le passage vers l'agriculture chimique.

Sommes-nous prêts? Pas encore selon moi. Dans l'intervalle...je ferai mon jardin.

Prochain blogue: l'agroécologie

 

2 commentaire(s)

Martin dit :
19 avril 2014 à 10 h 22 min

Merci pour ce très bon article. Dommage qu'il ne va pas produire une pluie des commentaires.

tva2m1 dit :
5 mai 2014 à 10 h 05 min

Votre commentaire sera affiché aussitôt qu'il aura été approuvé. c kool Mon a vis sur le chimique et c l état qui devrai sauver les mêmes qui nous ont empoisonnés et se sont rempli les poches de dollars de qui se moque t on c bien fait pour notre gueule ont n a laissé faire Que crève donc le vieux monde ! allez tous a votre perte Rendre les autres responsable ensuite se mettre en colère voila la position des bâtons merdeux que sont les humains J’accepte les termes et conditions.