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Jeux de pouvoir

Les défis de Couillard

Couillard - Chronique Hébert
Les découvertes de l’UPAC doivent naturellement inciter M. Couillard à la plus grande prudence dans la constitution de son cabinet.

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Peu de choses ces temps-ci sont de nature à réconforter les Québécois. Bien sûr, au moins deux tiers d’entre eux sont satisfaits des résultats électoraux du 7 avril. Quoique personne ne croit vraiment que l’idée du pays est bel et bien morte, le renvoi du PQ étant plutôt un coup de gueule bien senti, une réplique à un poing levé avec un peu trop de conviction…

Peu de choses ces temps-ci sont de nature à réconforter les Québécois. Bien sûr, au moins deux tiers d’entre eux sont satisfaits des résultats électoraux du 7 avril. Quoique personne ne croit vraiment que l’idée du pays est bel et bien morte, le renvoi du PQ étant plutôt un coup de gueule bien senti, une réplique à un poing levé avec un peu trop de conviction…

L’actualité est redevenue normale: les goinfres de la FTQ défilent devant les tribunaux et l’UPAC continue de nous titiller en dévoilant les pratiques passées du PLQ. Au fait, il est plutôt étrange que les gendarmes du brigadier Lafrenière soient soudainement si actifs, quelques jours après les élections. Le hasard, sans doute.

Un hasard que l’on peut trouver heureux; l’UPAC devient plus divertissante que la commission Charbonneau. Depuis le lessivage de la FTQ, qu’a-t-on appris qu’on ne devinait pas? Comme à Montréal, des fonctionnaires du ministère des Transports sont corrompus! Ça vous étonne?

Ce qui écœure littéralement le contribuable le plus taxé d’Amérique, c’est que les ripoux profitent d’une retraite payée par l’État qu’ils ont allégrement floué. Au Québec, le «no fault» est désespérant, mais on comprend pourquoi les bureaucrates y tiennent tant...

Les découvertes de l’UPAC doivent naturellement inciter M. Couillard à la plus grande prudence dans la constitution de son cabinet.

Jeudi, les retrouvailles libérales précédant le serment d’allégeance à la couronne d’Angleterre baignaient incidemment dans une nervosité manifeste. Les libéraux se regardaient les uns les autres en se demandant si lui, elle ou l’autre là-bas fait l’objet d’une enquête. Plusieurs en ont marre du supplice de l’UPAC.

Le cynisme des Québécois étant au zénith, M. Couillard peut tout de même espérer une lune de miel de quelques mois. Il doit d’abord inclure dans son cabinet ceux qui étaient là du temps de Jean Charest, peu importe les soupçons résultant du mystère entourant le travail de l’UPAC.

Cabinet

Vu de Montréal, Sam Hamad passe peut-être pour un zigoto, mais les milieux économiques de Québec le trouvent très habile à trouver des millions.

Plusieurs espèrent donc le revoir au Conseil des ministres et responsable de la capitale. Lise Thériault pourrait jouer ce rôle à Montréal. Pierre Moreau et Jean-Marc Fournier aussi, évidemment. On reverra aussi au gouvernement Christine St-Pierre, Kathleen Weil, Dominique Vien, etc.

Des nouveaux comme Gilles Ouimet, Stéphane Billette, Hélène David et Gaétan Barrette. Et si Jacques Chagnon ne file pas aux Relations internationales, il reprendra la présidence de l’Assemblée nationale.

L’action déterminante du gouvernement Couillard reposera sur un trio de financiers: Carlos Laetao aux Finances, Martin Coiteux au Trésor, et Jacques Daoust au modeste ministère du Développement économique. D’autres s’occuperont pour eux du soutien à l’action communautaire bénévole de leur circonscription…

M. Couillard présentera un budget en juin et la session parlementaire finira en juillet afin que soient adoptés les crédits budgétaires des ministères et des organismes publics. Le dernier exercice du genre remonte à décembre 2012…

On sait que le Québec est en mauvaise posture financière. Le budget Marceau tablait sur une croissance des revenus autonomes de 4,6 % en 2014-2015. On est loin du compte et le déficit dépassera largement les 2,5 milliards prévus.

Décote

Cela n’émeut évidemment pas les syndicats du secteur public qui en redemandent déjà; les problèmes budgétaires ne les ont jamais préoccupés.

Philippe Couillard ne l’aura donc pas facile. L’économie du Québec ne se porte pas bien et l’inflation, quasi nulle, est un symptôme d’anémie.

Les compressions seront donc inévitables et les prochaines négociations avec les innombrables employés du secteur public déboucheront sans doute sur un refus du gel salarial qui sera forcément envisagé.

Le Québec risque la décote. Personne n’ose le dire trop ouvertement parce que l’impact serait dévastateur.

New York avait prévenu Nicolas Marceau et le gouvernement Marois s’était obligé à verser plusieurs milliards au remboursement de la dette. Les prêteurs s’inquiètent, c’est évident.

Très endetté, relativement pauvre et trop dépensier, le Québec ne peut plus porter ces trois adjectifs sans risquer une décote sur les marchés financiers. Et ça, ça coûte cher.

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