/investigations/techno
Navigation
Ordinateurs

95 % du parc informatique est désuet à la Ville de Montréal

L’administration municipale s’était mal préparée au bogue du 8 avril

Harout Chitilian à l' hôtel de ville de Montréal
photo ben pelosse Le conseiller municipal responsable des dossiers informatiques, Harout Chitilian, subit la procrastination de ses prédécesseurs.

Coup d'oeil sur cet article

Dépassée par les technologies, la Ville de Montréal a entamé des travaux urgents afin de moderniser 95% de ses ordinateurs, qui sont officiellement devenus désuets.

Dépassée par les technologies, la Ville de Montréal a entamé des travaux urgents afin de moderniser 95% de ses ordinateurs, qui sont officiellement devenus désuets.

La très grande majorité des 14 000 postes informatiques des fonctionnaires de la Ville de Montréal utilisent étonnamment toujours la vieille version XP de Windows. Celle-ci date de 13 ans et n’est plus supportée par Microsoft depuis le 8 avril.

La multinationale ne s’engage plus à résoudre les failles de sécurité et les blocages sur la version XP, à moins d’acheter une garantie prolongée à grands frais avec Microsoft, soit une solution temporaire pour les retardataires.

Des modèles dépassés

Notre Bureau d’enquête a récemment révélé que le gouvernement provincial avait acheté cette garantie prolongée puisque des milliers d’ordinateurs étaient toujours munis de la version XP. Même retard au fédéral, où le quart du parc informatique, soit près de 125 000 ordinateurs, est dépassé.

Réveil en 2013

Si la situation est encore pire à la Ville de Montréal, c’est que l’administration municipale a seulement amorcé la modernisation durant «le milieu de l’année 2013», a confirmé le responsable politique des dossiers informatiques à la Ville, le conseiller municipal Harout Chitilian.

Microsoft a pourtant annoncé la fin du soutien du 8 avril depuis plusieurs années, suggérant aux grandes organisations de planifier ce pépin deux ans à l’avance.

M. Chitilian, chargé des dossiers informatiques depuis novembre dernier seulement, est le premier à reconnaître que Montréal aurait dû s’y attaquer plus tôt. «Si j’avais été en place depuis plus longtemps, c’est certain qu’on aurait pris des moyens additionnels. Mais je ne peux pas changer le passé», regrette-t-il.

Ayant hérité du problème, le conseiller municipal est tout de même parvenu à minimiser les impacts. La Ville a négocié avec Microsoft une garantie prolongée d’un an qui coûtera 317 000 $ au lieu de 2 M$.

L’escompte a été offert en échange d’un engagement formel de Montréal à conserver Windows comme système d’exploitation pour la prochaine migration. Le prix est avantageux, mais permet à Microsoft de s’assurer que Montréal n’implantera rien d’autre que ses produits. Les logiciels libres sont ainsi écartés.

Nouvelles versions

M. Chitilian estime que tout le parc informatique sera muni des nouvelles versions de Windows en mars 2015, date limite de la garantie prolongée.

Le bogue du 8 avril, soit la fin du soutien Windows XP, coûtera près de 8 M$ à la Ville de Montréal, incluant l’achat des nouvelles licences avec Microsoft. La Ville s’est montrée beaucoup plus transparente que le gouvernement provincial dans le dossier de la migration des postes.

 

Commentaires