/opinion/columnists
Navigation

La vie après la mort

Coup d'oeil sur cet article

Cette semaine, à TVA, mes collègues Harold Gagné et Amélie Marcoux ont présenté des reportages émouvants sur les dons d’organes.

Cette semaine, à TVA, mes collègues Harold Gagné et Amélie Marcoux ont présenté des reportages émouvants sur les dons d’organes.

On y apprenait entre autres que chaque année, plusieurs personnes meurent alors qu’elles sont en attente de greffe, faute de trouver un organe provenant d’un donneur compatible.

Selon Transplant Québec, un malade qui a besoin d’un rein attend en moyenne 1175 jours au Québec.

Plus de trois ans! Avec une épée grosse comme ça qui se balance au-dessus de ta tête…

Une résurrection laïque

Vous vous souvenez de Jésus de Montréal, de Denys Arcand?

Arcand nous présentait une version laïque du Nouveau Testament. Les vendeurs du temple étaient des publicitaires, Satan prenait les traits d’un avocat qui promettait gloire et richesse, etc.

Et la résurrection était représentée par le don d’organes. Victime d’un accident mortel (il mourait écrasé sous une croix lors d’une représentation théâtrale de la Passion), le personnage principal joué par Lothaire Bluteau redonnait — grâce à ses organes — la santé à un malade cardiaque, la vue à un aveugle, etc.

Bref, une métaphore brillante de la fête de Pâques.

Le don d’organes est le plus beau cadeau qu’un être humain peut faire. Malheureusement, à peine un Québécois sur deux signe sa carte pour autoriser le prélèvement d’organes en cas de décès.

Certains oublient. D’autres refusent pour des motifs religieux (alors que la religion prône l’entraide et la compassion!). Et d’autres sont mal à l’aise avec l’idée que leur cadavre sera charcuté et dépecé.

Comme si les morts pouvaient ressentir de la souffrance lorsqu’on prélevait leur foie ou leurs poumons!

Prélèvement automatique

Pourquoi le gouvernement ne dépose-t-il pas un projet de loi rendant le prélèvement d’organe automatique?

Que tu aies signé ta carte ou pas, on prend ce qu’on a à prendre.

Oui, je sais, ça peut paraître brutal. Après tout, les dernières volontés, c’est sacré. Dire à nos proches comment disposer de notre corps après notre décès est un droit fondamental.

Mais en même temps, les vivants sont plus importants que les morts. Si on peut sauver une jeune fille en attente d’une greffe depuis deux ans, pourquoi ne le ferait-on pas?

Un seul donneur peut sauver jusqu’à huit vies avec ses organes. N’est-ce pas une façon extraordinaire de battre la mort? Une façon exaltante de faire un pied de nez à la Grande Faucheuse?

De lui signifier que la Vie est plus forte que tout?

Comme l’a brillamment démontré Denys Arcand (un cinéaste génial qui ne ressent pas le besoin de se péter constamment les bretelles et de célébrer son propre talent), pas besoin de croire en Dieu pour croire en la résurrection…

Ange déchu

Autre sujet…

Mom Boucher a été expulsé des Hells Angels.

Comme m’a demandé fort judicieusement mon amie Josianne Thériault, de TVA: «Quand tu te fais congédier des Hells, reçois-tu une indemnité de départ?»

Un spécialiste en cheminement professionnel t’aide-t-il à te trouver un emploi dans la mafia italienne ou dans un gang de rue?

Ton ex-employeur te donne-t-il des références?

Et, surtout: qu’est-ce que ça prend pour te faire expulser des Hells?

Te faire prendre en flagrant délit d’honnêteté?

Commentaires