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Daniel Johnson

«Apparence de conflit d’intérêts»

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Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Daniel Johnson

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La position dans laquelle se trouve l’ancien premier ministre Daniel Johnson soulève d’importantes questions éthiques, selon l’avis d’experts en la matière.

La position dans laquelle se trouve l’ancien premier ministre Daniel Johnson soulève d’importantes questions éthiques, selon l’avis d’experts en la matière.

«Ça ressemble à un conflit d’intérêts et ce qui est particulier avec ces histoires de conflits d’intérêts, c’est que l’apparence est aussi importante que la réalité. S’il y a apparence de conflit d’intérêts, ça peut faire autant de dégâts pour la crédibilité des personnes que s’il y en avait un vraiment», explique Florence Piron, professeure en éthique à l’Université Laval.

Il faut demander à Philippe Couillard pourquoi il est conseillé par un administrateur d’entreprises qui font affaire avec l’État, croit Mme Piron.

Naïf ou imprudent ?

«Soit (Philippe Couillard) est très imprudent, soit il est très naïf. Et il faut le lui dire», lance la professeure.

«Le flou fait naître la suspicion, souligne la professeure. Si M. Johnson veut vraiment un rôle de conseiller politique, il faut qu’il se retire de ces conseils d’administration.»

Pour l’éthicien et professeur au département de Sciences politiques de l’UQAM Jean-Marc Piotte, la situation est signe d’une culture bien établie de proximité entre l’entreprise privée et le pouvoir.

«Cette situation est symptomatique d’une culture où les gens passent de l’entreprise privée au public et vice versa, et où on n’arrive plus vraiment à distinguer l’un de l’autre», estime M. Piotte, qui croit lui aussi que M. Couillard doit répondre de cette situation.

Président de la campagne libérale
Daniel Johnson, qui fut premier ministre en 1994, a été très actif au sein du PLQ au cours des derniers mois.
En octobre dernier, il s’est joint à Philippe Couillard comme stratège, à titre de directeur de campagne. Puis, il a été le maître d’œuvre de la campagne électorale réussie du Parti libéral, qui s’est octroyé 70 sièges et une majorité à l’Assemblée nationale.
Pendant la campagne, M. Johnson a travaillé bénévolement pour le PLQ, a indiqué Philippe Couillard. M. Johnson a continué de recevoir son salaire d’administrateur de Bombardier, qui s’élève à 160 000 $ par année.
Daniel Johnson travaille également avec l’ex-premier ministre Jean Charest au sein du cabinet McCarthy Tétrault.
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