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Pacte de suicide à Saint-Félicien

L’inaction de la SAAQ mise en cause

Pacte de suicide
Photos D’archives, Jean Tremblay / Agence QMI Annie et Mario Beaudoin formaient un couple très uni. C’est dans cette maison que le couple s’est enlevé la vie.

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Les proches d’Annie et Mario Beaudoin, le couple qui s’est suicidé à Saint-Félicien la semaine dernière, ne s’expliquent pas l’inaction de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) malgré de nombreux appels à l’aide lancés au cours des derniers mois.

Les proches d’Annie et Mario Beaudoin, le couple qui s’est suicidé à Saint-Félicien la semaine dernière, ne peuvent pas expliquer l’inaction de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) malgré de nombreux appels à l’aide lancés au cours des derniers mois.

C’est en décembre 2012 que la vie du couple a basculé, lorsque Mario a été victime d’un terrible accident de la route. «Il est devenu tétraplégique et n’avait plus aucune autonomie. Il ne pouvait rien faire par lui-même, ni manger, ni aller à la salle de bain, ni même ramasser un objet qu’il échappait. Il ne pouvait plus rien faire», laisse tomber Denise Beaudoin, sœur d’Annie, au cours d’une entrevue accordée au Journal.

Dès lors, Annie a tout mis de côté pour aider son mari du mieux qu’elle le pouvait. «Ils avaient toujours vécu en symbiose. Aider Mario, c’était devenu la chose la plus importante pour ma sœur. De toute façon, elle ne pouvait jamais le laisser seul. Il ne pouvait rien faire par lui-même», poursuit-elle.

Nombreux ennuis

Au fil des mois, les ennuis avec la SAAQ se sont multipliés. «Tout était compliqué. Un an après l’accident, leur maison n’était toujours pas adaptée. Les cadres de porte n’étaient pas élargis pour la chaise roulante de Mario, la salle de bain non plus. Il ne pouvait même pas prendre sa douche», raconte-t-elle.

Pour le couple, tout semblait toujours à recommencer. «Il n’y avait personne d’attitré à leur dossier. S’il y avait un problème avec la chaise roulante, ils appelaient quelqu’un. Si c’était le lit, il fallait faire appel à quelqu’un d’autre. Pour eux, c’était énormément de stress, de perte de temps et de casse-tête. Ils devaient toujours se battre pour tout. La SAAQ a agi sans aucune compassion. Ils attendaient qu’ils se découragent.»

Appel à l’aide

Après quelques mois de luttes continuelles, la dépression s’est installée chez Annie et Mario. «J’étais tellement inquiète que j’ai appelé le médecin de ma sœur. Je lui ai dit qu’il était temps de s’occuper de leur état psychologique. J’avais peur qu’ils se rendent au suicide», affirme Mme Beaudoin.

La semaine dernière, le pire s’est produit et le couple a été retrouvé sans vie dans sa maison de Saint-Félicien. «Mario disait souvent que, quand il n’aurait plus d’espoir, il saurait quoi faire. Annie, elle, ne se voyait pas vivre sans lui. Elle aurait fait n’importe quoi pour Mario. La preuve, elle a donné sa vie pour lui procurer ce qu’il voulait.»

«Si la SAAQ leur avait rendu la vie plus facile, les choses auraient pu se passer autrement. Il faut avoir vécu beaucoup de douleur intérieure pour se rendre au pacte de suicide», poursuit Mme Beaudoin.

Les funérailles du couple auront lieu aujourd’hui, à Saint-Félicien.

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