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Il échappe à l'avalanche

Il échappe par miracle à l’avalanche sur l’Everest

Médecin CHUM Everest
Photo facebook En raison du retard de son équipe, Alain Bouthillier était au camp de base, à 5300 m, alors qu’il aurait dû être sur les lieux de l’avalanche.

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Un alpiniste montréalais a échappé par miracle à l’avalanche la plus meurtrière de l’histoire de l’Everest.

Un alpiniste montréalais a échappé par miracle à l’avalanche la plus meurtrière de l’histoire de l’Everest.

Si Alain Bouthillier ne se trouvait pas dans la zone de la cascade de glace vendredi dernier, c’est uniquement parce que son équipe avait du retard sur l’horaire prévu.

«Je devais être là, sur le glacier, à ce moment-là. Par un heureux hasard, j’étais au camp de base», raconte le neurochirurgien du CHUM, lors d’une entrevue accordée au Journal depuis le Népal.

Ambiance tendue

Conscient qu’il a eu une chance inouïe qui relève du miracle, le médecin a été marqué par ce qu’il a vu.

«Ce qui m’a le plus affecté, c’est de voir les corps déformés arriver un par un, attachés sous un hélicoptère, confie-t-il. Il y a un risque de mourir lorsqu’on monte sur l’Everest, j’en étais conscient, mais c’était théorique. Là, c’était concret.»

Le Montréalais avait d’ailleurs traversé la zone surnommée «popcorn field» trois jours plus tôt lors d’un exercice de «grimpage».

Depuis l’avalanche, l’atmosphère est lugubre au camp de base du plus haut sommet du monde.

«Avant, tout le monde était joyeux, les gens se saluaient. Maintenant, je n’ose plus regarder les sherpas dans les yeux. Les Occidentaux ne sont pas responsables de ce qui est arrivé, mais on se sent mal», décrit le Dr Bouthillier.

Les tensions entre alpinistes et sherpas ont augmenté d’un cran après la cérémonie à la mémoire des 13 guides décédés et des 3 portés manquants.

Un de leurs représentants a pris la parole pour annoncer que personne ne monterait sur l’Everest tant que le gouvernement népalais n’aura pas donné suite à leurs revendications.

Les guides demandent, entre autres, une meilleure assurance-vie et la création d’un fonds de soutien.

Expédition annulée

«Il y a même eu des menaces de violence contre ceux qui ne respecteraient pas cette directive», relate Alain Bouthillier.

Après trois jours de réflexion, le Montréalais a décidé de faire une croix sur son périple et il a quitté le Népal hier.

«Je me retire de l’expédition, en soutien aux sherpas, dont je trouve les demandes légitimes.»

D’autres membres de son équipe, qui se préparaient depuis 10 ans pour gravir ce sommet, attendront quelques jours de plus dans l’espoir que le conflit se règle.

Le médecin ne cachait toutefois pas sa déception, lui qui avait entamé cette aventure afin d’amasser des fonds pour la recherche sur l’épilepsie.

«Je ressens un sentiment d’échec d’avoir abandonné. Ça me crève le cœur», avoue-t-il.

Alain Bouthillier ne sait pas s’il retournera un jour à l’Everest, sa décision n’est pas encore prise.

Pour l’heure, sa principale préoccupation est de revenir chez lui, sur le Plateau-Mont-Royal.

 

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