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Réalisateurs

Les films qui n’ont jamais vu le jour

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TORONTO | Hollywood a une longue histoire d’amour et de haine avec ses réalisateurs les plus fous, notamment ceux qui ont imaginé les plus grands films jamais produits.

TORONTO  |  Hollywood a une longue histoire d’amour et de haine avec ses réalisateurs les plus fous, notamment ceux qui ont imaginé les plus grands films jamais produits.

En l’honneur d’Alejandro Jodorowsky, réalisateur français d’origine chilienne, qui a tenté sans succès de donner à Hollywood sa vision de Dune dans les années 1970, nous examinons 10 autres cinéastes dont l’imagination était plus grande – et plus onéreuse – que celle des studios. La plupart des personnes de cette liste ont, certes, fait de très bons longs-métrages, mais ces hommes ne sont néanmoins pas parvenus à convaincre les producteurs de donner leur accord à l’un de leurs projets.
Alejandro Jodorowsky, 85 ans, est un cas spécial puisque le documentaire Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich a pris l’affiche dans quelques cinémas. Le documentaire examine la manière dont le projet a mal tourné. Or Alejandro Jodorowsky n’a pas été le premier à souffrir entre les mains des boss d’Hollywood… et il n’a pas été le dernier non plus.
 

D.W. Griffith
 
Ce qui est dommage des plus grands succès de D.W. Griffith, c’est qu’ils sont désormais considérés comme de la propagande raciste pour suprématistes blancs, tel que Naissance d’une nation (1915). Ce qui vrai, malgré le fait que les innovations techniques de ce film muet ont révolutionné le cinéma. Après Naissance d’une nation, le cinéaste a eu du succès avec Broken Blossoms (1919), Way Down East (1920) et Orphans of the Storm (1921), mais a ensuite annoncé des projets qui n’ont jamais vu le jour. Il a tristement terminé sa carrière en travaillant à mi-temps sur deux longs métrages, Des souris et des hommes (1939) et One Million B.C., pour lesquels son nom n’a jamais figuré au générique.

Sergei Eisenstein
 
Renvoyé par ses patrons communistes lors des premières années de l’Union soviétique, et ce malgré le génie de Le cuirassé Potemkine (1925), le plus grand cinéaste russe est parti pour Hollywood en 1930. Il a proposé des adaptations de Arms and the Man de Bernard Shaw ainsi que Sutter’s Gold de Jack London. Les studios Paramount lui ont, à la place, offert Une tragédie américaine, basé sur le roman de Theodore Dreiser. Sergei Eisenstein en a donc rédigé un scénario, rejeté par Jesse J. Lasky de Paramount. Pendant ce temps, une campagne anticommuniste à Hollywood a fait que les studios ont finalement demandé au réalisateur de rentrer chez lui.

Orson Welles
 
C’est à 25 ans qu’Orson Welles a fait son Citizen Kane (1941), souvent considéré comme le plus grand film américain de tous les temps. À la fin de sa longue vie en 1985, le cinéaste avait préparé ou partiellement tourné plus de projets qu’il en avait fini. Parmi les plus célèbres, on trouve Au cœur des ténèbres, roman de Joseph Conrad qui a inspiré Apocalypse Now (1979) à Francis Ford Coppola. Au cœur des ténèbres devait être le premier film d’Orson Welles, mais il n’a pas réussi à en trouver le financement. De plus, sa version de Don Quichotte demeure dans les annales, tant il en a tourné de scènes sans jamais les monter. Parmi les autres projets jamais réalisés par Orson Welles, citons Monsieur Verdoux (Charlie Chaplin en a ensuite racheté les droits), Cyrano de Bergerac ainsi que Le tour du monde en 80 jours.

Stanley Kubrick

Le génie fou type, Stanley Kubrick voulait faire suivre son 2001: Odyssée de l’espace (1968) d’un film sur Napoléon. Il avait d’ailleurs passé des années à faire des recherches sur l’empereur pour ce qu’il entrevoyait comme une gigantesque épopée. Mais les studios ont pris peur en voyant le budget, se sont inquiétés quand ils ont su que le réalisateur ne voulait pas moins de 30 000 figurants pour les scènes de bataille et ont finalement conclu que les épopées historiques étaient passées de mode. Le Napoléon de Stanley Kubrick a rejoint une douzaine d’autres projets ambitieux qui n’ont jamais vu le jour.


Alfred Hitchcock
 
Il est difficile de croire que Hitch, cet anglais qui a perfectionné les histoires de meurtres au cinéma, a déjà eu du mal à faire financer ses films. Mais, plus tard dans sa vie, après que Tom Curtain eut échoué en 1966, il a tenté en vain de tourner Kaléidoscope… ce qui n’est probablement pas plus mal. L’histoire suit un tueur en série nécrophile qui séduit des femmes new-yorkaises pour les tuer. Hitchcock voulait tourner en noir et blanc et inclure de la violence, ce que les patrons des studios ont refusé, craignant qu’il ne détruise sa réputation d’icône hollywoodienne.

Paul Verhoeven

Vous avez peut-être sursauté à l’inclusion de Paul Verhoeven dans cette liste après avoir vu Total Recall (1990), Basic Instinct (1992) et Les girls de Las Vegas (1995). Mais ses œuvres hollandaises étaient géniales, notamment The Fourth Man (1983) et c’est lui qui a donné à Hollywood le RoboCop original en 1987. Paul Verhoeven avait rêvé de faire sa propre épopée moyenâgeuse qui aurait rassemblé des éléments de Conan et Spartacus. Arnold Schwarzenegger a d’ailleurs déjà dit que son copain avait dû arrêter le projet après avoir refusé sèchement d’accéder à la demande des studios de limiter son budget à 100 millions $.


Tim Burton

Le réalisateur britannique a fait des longs-métrages géniaux et certains ont été des succès commerciaux. Mais sa tentative, dans les années 1990, de faire revivre Superman au grand écran est encore un échec cuisant. Kevin Smith en avait écrit le scénario et Nicolas Cage était pressenti pour le rôle. Et les studios Warner étaient prêts à financer le tout. Mais les choses ont commencé à mal aller quand Wesley Strick (Le retour de Batman) a mis les mains dans le scénario et a voulu tout changer. Le film n’a donc jamais vu le jour.

Francis Ford Coppola

Considéré comme l’un des plus grands réalisateurs américains grâce à la saga du Parrain, à The Conversation et à Apocalypse Now, Francis Ford Coppola a promis bien plus qu’il n’a pu livrer. Son Megalopolis, un film de science-fiction qui racontait une crise majeure à New York, devait être le long-métrage de sa carrière. Malheureusement, après le 11 septembre, aucun studio n’a voulu payer le budget qu’il demandait.


Harold Ramis
 
Sa mort le 24 février dernier signifie qu’il ne sera pas à la barre de S.O.S Fantômes 3. Harold Ramis a toujours été un génie silencieux des comédies. Son projet inabouti le plus connu? La Conjuration des imbéciles, adaptation du roman de John Kennedy Toole. Le cinéaste voulait donner le rôle principal à son ami John Belushi, mais la mort de ce dernier par overdose en 1982 a fait que le film n’a jamais été tourné.

Terry Gilliam

Le membre américain de la série Monty Python’s Flying Circus, Tery Gilliam a toujours été un artiste, animateur, acteur, scénariste et réalisateur à part. Rien ne l’a plus vexé que l’échec de son projet phare, L’Homme qui tua Don Quichotte. Et, au début de cette année, le cinéaste se demandait encore s’il y avait une manière de le ressusciter.

 

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