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Le prix de la santé

Cette volonté de profit sur la santé se traduit par des coûts exorbitants sur les médicaments et les soins en hôpitaux

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À Las Vegas, où je réside, il existe de nombreuses occasions de penser au Québec. Céline Dion, Véronic Dicaire, Le Cirque du Soleil, les groupes de touristes sur la Strip, jusqu’à la poutine qui a débarqué dans certains restaurants...

À Las Vegas, où je réside, il existe de nombreuses occasions de penser au Québec. Céline Dion, Véronic Dicaire, Le Cirque du Soleil, les groupes de touristes sur la Strip, jusqu’à la poutine qui a débarqué dans certains restaurants...

Mais, ironiquement, ce sont sur les axes autoroutiers qui ceinturent la ville que, d’une certaine manière, le Québec est le plus présent.

Là, une vingtaine de panneaux publicitaires font la publicité pour les hôpitaux de la ville.

Mais pas n’importe comment.

Ces affiches géantes sont équipées d’une horloge donnant en direct le délai d’attente dans les services d’urgence.

Et depuis mon arrivée il y a six mois, j’ai rarement vu cette période dépasser les... dix minutes!

Un délai qui, par contraste, me renvoie chaque fois aux terribles anecdotes de mes amis québécois, tous évoquant ces longues heures passées à attendre son tour dans les services d’urgences.

Alors que la réforme de la santé s’annonce — une fois encore! — comme une priorité du gouvernement Couillard, les États-Unis et sa médecine à accès quasi immédiat sont-ils la réponse aux maux québécois?

S’il y a sûrement de quoi s’inspirer dans le modèle américain, comme la qualité de l’accueil et l’efficacité du service, ce serait toutefois une erreur pour le docteur Barrette de tenter d’importer l’intégralité de ce modèle-là au Québec.

Le profit

Pourquoi? Parce qu’aux États-Unis, la médecine est avant tout un service basé sur le profit.

Lorsque je suis venu m’installer ici il y a une quinzaine d’années, j’ai rapidement appris à douter le diagnostic d’un médecin. Ou du moins sa motivation. Était-ce ma santé, celle de mes enfants ou la perspective d’une intervention coûteuse et donc lucrative qui se cachait derrière ses conseils? Et le pire, c’est que parfois mes doutes se sont avérés justes, le diagnostic était avant tout motivé par une future commission sur une procédure chirurgicale.

Cette volonté de profit sur la santé se traduit aussi par des coûts exorbitants sur les médicaments et les soins en hôpitaux.

Lorsque ma femme a accouché, on lui a conseillé d’apporter ses propres Tylenol, facturés près de 20 dollars pièce par l’hôpital.

Et toujours à cette occasion, quinze minutes après la naissance de notre second enfant, en pleine salle de travail, nous n’oublierons jamais ce coup de téléphone des services comptables de l’hôpital pour nous rappeler que la facture était prête!

Obamacare

Une facture dont nous avions négocié le prix quelques mois plus tôt comme si nous achetions une voiture. Normal, me direz-vous, puisqu’en bout de course, c’est exactement ce qu’a coûté la naissance de mon fils sur le sol américain.

Bien sûr, avec Obamacare, tout cela devrait changer.

En théorie, l’arrivée massive de nouveaux assurés et la volonté gouvernementale de réguler les coûts facturés par les laboratoires pharmaceutiques et les centres de soins auront un effet positif sur l’accès à la santé.

Mais en attendant, la majorité des Américains continuent à voir la médecine comme un mal nécessaire. À consommer avec modération et en craignant la gueule de bois.

 
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