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Charbonneau

La négligence du MTQ et du MAMROT coûte cher

Les deux ministères n’ont pas surveillé un projet dans lequel ils avaient pourtant injecté 9,5 M$

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capture écran Le syndic-adjoint de l’Ordre des ingénieurs du Québec, André Prud’homme, a enquêté pendant deux ans pour lever le voile sur un stratagème de surfacturation.

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Le laxisme des ministères des Transports et des Affaires municipales a permis à trois ingénieurs de BPR de détourner 200 000 $ grâce à un stratagème de surfacturation.
 
Voici la conclusion que le syndic-adjoint de l'Ordre des ingénieurs, André Prud'homme, a tirée jeudi matin devant la commission Charbonneau, après avoir enquêté pendant deux ans sur trois employés de la firme de génie-conseil BPR qui ont réussi, sans grande difficulté, à «flouer» le MTQ et le MAMROT.
 
Marie-Claude Gagnon, Bernard Moreau et Jean-François Riou ont récemment reconnu avoir pris part à un stratagème de surfacturation en 2005, dans le cadre d'un contrat de réfection d'égout à Saint-Gilles-de-Lotbinière.
 
L'enquête de M. Prud'homme a démontré que ces trois ingénieurs de BPR - mandatée par la municipalité pour gérer le projet - avaient falsifié des documents en ajoutant des quantités supplémentaires de matériaux dans le but de gonfler les factures. Ces coûts étaient ensuite réglés par les ministères des Transports et des Affaires municipales, qui n’y ont vu que du feu.
 
Aux eux deux, ils subventionnaient pourtant 9,5 millions $ du projet de 11,7 millions $. Mais malgré leur importante implication financière, «le MAMROT n'avait pas de surveillant de chantier. Il n'est pas sorti de ses bureaux à Québec », a relevé le témoin, en critiquant également le manque de suivi du MTQ.
 
«Réserve» d’argent
 
Ce stratagème a permis à BPR et à l'entrepreneur EMF (chargé d’effectuer les travaux), unis dans le complot, de se constituer une «réserve» de 200 000 $, provenant directement du gouvernement donc de la poche des contribuables.
 
Cet argent aurait ensuite permis de payer EMF pour d'autres travaux – non compris dans les subventions gouvernementales – en faisant par conséquent économiser une coquette somme à la Ville.
 
Le témoin a toutefois précisé qu'il ne savait pas si Saint-Gilles était de connivence avec BPR et EMF, puisque Mme Gagnon a nié toute implication de la municipalité dans leur stratagème. Mais André Prud'homme est demeuré perplexe. Il a admis à la juge Charbonneau avoir «des doutes raisonnables» de penser le contraire. Il a par ailleurs mentionné que plusieurs corps policiers s'intéressaient de près à Saint-Gilles.
 
Encore un fonctionnaire
 
L’ex-fonctionnaire Paul-André Fournier, responsable de la région de Montréal au MTQ, a également témoigné. Tout comme ses anciens subalternes Claude Paquet et Guy Hamel, il a été questionné sur le contrat du rond-point de L’Acadie, en partie octroyé à Construction Louisbourg de Tony Accurso. Il a lui aussi admis avoir été invité à des voyages de chasse par des firmes de génie, et accepté des bouteilles de vin et des billets de hockey.
 
► 30 jours. Il ne reste plus qu’un mois à la commission Charbonneau avant la pause estivale et probablement la fin des auditions des témoins. Elle doit encore se pencher sur le financement des partis politiques provinciaux.
 
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