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De taxes et de prix

De taxes et de prix

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De taxes et de prix
Vin plaisir
pour offrir ou se faire plaisir
Domaine Grand Romane 2011
Cuvée Prestige, Gigondas, Pierre Amadieu,
15%, France
Type : vin rouge
Code : 10936427
Prix : 27,20 $
 
Attention, on ne fait pas dans le léger ici. C’est un vin costaud, large d’épaules, ample et puissant, chaleureux aussi. Forcément, avec ses 15% d’alcool, mais en même temps, le vin est tellement généreux en fruit, tellement savoureux, qu’on ne peut pas faire autrement que d’aimer. Nuance de vanille, de girofle, de réglisse, le vin a absolument besoin d’un long passage en carafe pour se livrer. Idéalement, on l’oublie en cave pour six à sept ans. Et on le boit alors à table (ce n’est pas un rouge d’apéro!) sur un carré d’agneau ou sur un rôti de porc à l’ail et aux olives.
[ ★★★1/2 | $$$ ]
Les vins
Collaboration spéciale
Une des toutes premières mesures qu’avait prises le gouvernement nouvellement élu du PQ, en 2012, avait été de décréter une hausse générale des taxes sur la bière, les vins et les spiritueux.

Déjà que les vins, bières et spiritueux étaient (et sont toujours) parmi les produits les plus taxés au Québec, le gouvernement n’avait pas trouvé mieux que d’en rajouter une couche, histoire d’agiter un peu le tout pour mieux faire passer, j’imagine, le vieux démon de culpabilité que traînent les Québécois par rapport à la «boésson».

Une petite taxe de rien, direz-vous (le vin avait augmenté de 0,17 $ la bouteille), mais quand cela vient s’ajouter à une charge déjà énorme de taxes, ça finit par devenir, comme dirait mon oncle Gérard, la goutte qui met le feu aux poudres.

J’ai bien peur, hélas, que le nouveau gouvernement Couillard maintienne cette taxe injuste pour les amateurs de vin, car, enfin (on jase, là), tant qu’à vouloir taxer supposément le luxe, pourquoi ne pas taxer plutôt le deuxième téléviseur, la troisième montre, la quatrième paire de chaussures, etc.? Je dis n’importe quoi.

Notre dollar

Cela dit, je me permets de revenir un peu sur ma chronique de la semaine dernière, alors que j’expliquais que l’une des raisons de la hausse récente du prix des vins à la SAQ était la faiblesse de notre dollar par rapport à l’euro et au dollar américain.

Un collègue m’a fait remarquer que notre dollar était en fait, par rapport à l’euro, à peu près au même niveau qu’en 2009, suggérant qu’en conséquence, ce devrait aussi être le cas du prix des vins.

Sans doute, mais il faut noter que depuis 2009, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 8,4% (Statistique Canada) et qu’il faudrait normalement tenir aussi compte de ce facteur pour juger de la hausse des prix à la SAQ.

J’ai donc eu l’idée de comparer à ceux d’aujourd’hui les prix que coûtaient en 2009-2010 un certain nombre de vins appréciés des amateurs.

Rien de scientifique ici, évidemment, mais il quand même intéressant de constater que, finalement, les prix de très nombreux vins ont peu bougé, si on prend en compte la hausse de l’indice des prix à la consommation et la hausse de taxes du PQ en 2012.

Ainsi, la Vieille Ferme (rouge) coûtait 13,80 $ contre 14,40 $ aujourd’hui

(+ 0,60 $), le Bierzo Petalos 23,05 $ contre 23,70 $ (+ 0,65 $), le Villa Antinori 23,60 $ contre 24,00 $ (+ 0,40 $), le Liano 25,20 $ contre 26,95 $ (+ 1,65 $), le Fumaio Banfi 15,95 $ contre 16,30 $ (+ 0,35 $), le Domaine de Bellevue 13,80 $ contre 14,90 $ (+ 0,90 $), le Muscadet La Sablette 14,70 $ contre 15,50 $ (+ 0,80 $), etc.

Perception

Bref, il faut regarder ailleurs pour expliquer la perception, bien réelle hélas, que les prix ont augmenté à la SAQ.

D’une part, il faut tenir compte du largage par le monopole de nombreux vins sous la barre des 15 $ et leur remplacement par des vins qui coûtent plus cher. Ce qui fait, tout bêtement, que les prix ont augmenté parce qu’on a éliminé les vins moins chers.

Mais, et c’est là que le bât blesse, sans que la qualité suive la courbe à la hausse des prix.

Autrement dit, un vin qui, a-t-on l’impression, aurait coûté 13 $ ou 14 $ il y a deux ans coûte aujourd’hui, à qualité égale, 17 $ ou 18 $.

C’est là une impression largement partagée par de nombreux amateurs et que j’ai personnellement souvent vérifiée au fil de mes récentes dégustations.

Autre facteur qui ajoute à cette perception, bien réelle celle-ci aussi hélas, le coût à la hausse des vins de spécialité.

La très grande majorité de ceux-ci sont payés en euros, ce qui explique cela dans une large mesure, mais ce n’est peut-être pas non plus la seule raison.

Quelques exemples, mais on pourrait en donner beaucoup plus: le Marsannay Domaine Jean Fournier Cuvée St-Urbain, 34,75 $ aujourd’hui contre 27,45 $ il y a moins d’un an (+ 7,30 $); le Mercurey Michel Juillot est passé de 24,30 $ à 29,65 $ (+ 5,35 $); le Château de Sancerre à 28,25 $ contre 24,90$ (+ 4,35 $), etc.

J’arrête, car tout cela m’épuise. Autrement dit, et je me résume par ce que j’appellerai ici le théorème de la SAQ: les prix finissent toujours par augmenter quand même, même s’ils ont l’air de ne pas vraiment augmenter. C’est là que réside tout le grand art de notre bien aimé monopole.

Suggestions

Fumaio 2013, Toscana IGT, Castello Banfi (16,30 $): j’ai toujours aimé l’équilibre de cet assemblage de chardonnay et de sauvignon. Le vin est rond et charmeur, et il conjugue subtilement les caractères de l’un et l’autre cépage.
Château Pelan Bellevue 2009, Francs Côtes de Bordeaux (17,05 $): un fruit gourmand, une bouche fraîche, moyennement corsée, une certaine profondeur, voilà à mon sens l’un des Pelan Bellevue les mieux réussis des dernières années. Bravo!
Combe aux Jacques 2012, Beaujolais-Villages, Louis Jadot (18,30 $): un vrai bon beaujolais frais, gouleyant et léger, avec de franches saveurs de cerises. Tout le plaisir qu’on attend d’un beaujolais, quoi!
Fumaio 2013
Toscana IGT, Castello Banfi,
13 %, Italie
Prix : 16,30 $
Code : 854562
[ ★★1/2 | $1/2 ]
Château Pelan Bellevue 2009
Jumilla, Bodegas Olivares,
14% Espagne
Prix : 16,30 $
Code : 10858035
[ ★★1/2 | $ $ ]
Combe aux Jacques 2012
Beaujolais-Villages, Louis Jadot,
12,5%, France
Prix : 18,30 $
Code : 365924
[ ★★1/2 | $ $ ]
correct
★★
bon
★★★
très bon
★★★★
excellent
★★★★★
exceptionnel
Plus d’étoiles que de dollars : vaut largement son prix.
Autant d’étoiles que de dollars : vaut son prix.
Moins d’étoiles que de dollars : le vin est cher.
www.saq.com
514 254-2020
1 866 873-2020
Une des toutes premières mesures qu’avait prises le gouvernement nouvellement élu du PQ, en 2012, avait été de décréter une hausse générale des taxes sur la bière, les vins et les spiritueux.

Déjà que les vins, bières et spiritueux étaient (et sont toujours) parmi les produits les plus taxés au Québec, le gouvernement n’avait pas trouvé mieux que d’en rajouter une couche, histoire d’agiter un peu le tout pour mieux faire passer, j’imagine, le vieux démon de culpabilité que traînent les Québécois par rapport à la «boésson».

Une petite taxe de rien, direz-vous (le vin avait augmenté de 0,17 $ la bouteille), mais quand cela vient s’ajouter à une charge déjà énorme de taxes, ça finit par devenir, comme dirait mon oncle Gérard, la goutte qui met le feu aux poudres.

J’ai bien peur, hélas, que le nouveau gouvernement Couillard maintienne cette taxe injuste pour les amateurs de vin, car, enfin (on jase, là), tant qu’à vouloir taxer supposément le luxe, pourquoi ne pas taxer plutôt le deuxième téléviseur, la troisième montre, la quatrième paire de chaussures, etc.? Je dis n’importe quoi.

Notre dollar

Cela dit, je me permets de revenir un peu sur ma chronique de la semaine dernière, alors que j’expliquais que l’une des raisons de la hausse récente du prix des vins à la SAQ était la faiblesse de notre dollar par rapport à l’euro et au dollar américain.

Un collègue m’a fait remarquer que notre dollar était en fait, par rapport à l’euro, à peu près au même niveau qu’en 2009, suggérant qu’en conséquence, ce devrait aussi être le cas du prix des vins.

Sans doute, mais il faut noter que depuis 2009, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 8,4% (Statistique Canada) et qu’il faudrait normalement tenir aussi compte de ce facteur pour juger de la hausse des prix à la SAQ.

J’ai donc eu l’idée de comparer à ceux d’aujourd’hui les prix que coûtaient en 2009-2010 un certain nombre de vins appréciés des amateurs.

Rien de scientifique ici, évidemment, mais il quand même intéressant de constater que, finalement, les prix de très nombreux vins ont peu bougé, si on prend en compte la hausse de l’indice des prix à la consommation et la hausse de taxes du PQ en 2012.

Ainsi, la Vieille Ferme (rouge) coûtait 13,80 $ contre 14,40 $ aujourd’hui

(+ 0,60 $), le Bierzo Petalos 23,05 $ contre 23,70 $ (+ 0,65 $), le Villa Antinori 23,60 $ contre 24,00 $ (+ 0,40 $), le Liano 25,20 $ contre 26,95 $ (+ 1,65 $), le Fumaio Banfi 15,95 $ contre 16,30 $ (+ 0,35 $), le Domaine de Bellevue 13,80 $ contre 14,90 $ (+ 0,90 $), le Muscadet La Sablette 14,70 $ contre 15,50 $ (+ 0,80 $), etc.

Perception

Bref, il faut regarder ailleurs pour expliquer la perception, bien réelle hélas, que les prix ont augmenté à la SAQ.

D’une part, il faut tenir compte du largage par le monopole de nombreux vins sous la barre des 15 $ et leur remplacement par des vins qui coûtent plus cher. Ce qui fait, tout bêtement, que les prix ont augmenté parce qu’on a éliminé les vins moins chers.

Mais, et c’est là que le bât blesse, sans que la qualité suive la courbe à la hausse des prix.

Autrement dit, un vin qui, a-t-on l’impression, aurait coûté 13 $ ou 14 $ il y a deux ans coûte aujourd’hui, à qualité égale, 17 $ ou 18 $.

C’est là une impression largement partagée par de nombreux amateurs et que j’ai personnellement souvent vérifiée au fil de mes récentes dégustations.

Autre facteur qui ajoute à cette perception, bien réelle celle-ci aussi hélas, le coût à la hausse des vins de spécialité.

La très grande majorité de ceux-ci sont payés en euros, ce qui explique cela dans une large mesure, mais ce n’est peut-être pas non plus la seule raison.

Quelques exemples, mais on pourrait en donner beaucoup plus: le Marsannay Domaine Jean Fournier Cuvée St-Urbain, 34,75 $ aujourd’hui contre 27,45 $ il y a moins d’un an (+ 7,30 $); le Mercurey Michel Juillot est passé de 24,30 $ à 29,65 $ (+ 5,35 $); le Château de Sancerre à 28,25 $ contre 24,90$ (+ 4,35 $), etc.

J’arrête, car tout cela m’épuise. Autrement dit, et je me résume par ce que j’appellerai ici le théorème de la SAQ: les prix finissent toujours par augmenter quand même, même s’ils ont l’air de ne pas vraiment augmenter. C’est là que réside tout le grand art de notre bien aimé monopole.

Suggestions

Fumaio 2013, Toscana IGT, Castello Banfi (16,30 $): j’ai toujours aimé l’équilibre de cet assemblage de chardonnay et de sauvignon. Le vin est rond et charmeur, et il conjugue subtilement les caractères de l’un et l’autre cépage.

Château Pelan Bellevue 2009, Francs Côtes de Bordeaux (17,05 $): un fruit gourmand, une bouche fraîche, moyennement corsée, une certaine profondeur, voilà à mon sens l’un des Pelan Bellevue les mieux réussis des dernières années. Bravo!

Combe aux Jacques 2012, Beaujolais-Villages, Louis Jadot (18,30 $): un vrai bon beaujolais frais, gouleyant et léger, avec de franches saveurs de cerises. Tout le plaisir qu’on attend d’un beaujolais, quoi!

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