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Gel de la masse salariale

Les fonctionnaires sont en furie contre cette proposition de deux experts

Luc Godbout et Claude Montmarquette
Photo Jean-François Desgagnés Luc Godbout, à gauche, et Claude Montmarquette, à droite, ont été mandatés par le comité de transition du gouvernement libéral pour réaliser un portrait indépendant des finances publiques. Ils ont réalisé leurs travaux bénévolement, en 10 jours.

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Le fiscaliste Luc Godbout et l’économiste Claude Montmarquette recommandent au gouvernement Couillard d’aller plus loin qu’un gel d’embauche dans la fonction publique. Ils proposent un «gel de la masse salariale».

Le fiscaliste Luc Godbout et l’économiste Claude Montmarquette recommandent au gouvernement Couillard d’aller plus loin qu’un gel d’embauche dans la fonction publique. Ils proposent un «gel de la masse salariale».

Cela ne signifie pas de facto un gel de tous les salaires, mais ça ne l’exclut pas non plus. Un tel scénario permettrait plus de «souplesse» aux différents ministères et organismes qui ont des cibles de réduction à atteindre, croit Luc Godbout.

«Il peut y avoir des départs à la retraite, il peut même y avoir des embauches aussi, c’est possible à l’intérieur de ça», a-t-il indiqué en entrevue. Si, ultimement, il fallait geler le salaire des fonctionnaires, il invite Québec à s’asseoir avec les syndicats pour revoir les hausses déjà consenties.

Il fait un parallèle avec les médecins qui avaient été approchés pour étaler leurs hausses de salaire, un exercice qui ne s’est toutefois pas concrétisé. La clé, c’est la négociation, dit-il, à l’aube d’une nouvelle négo avec plus de 400 000 employés du secteur public.

Le SFPQ dénonce le gel

Déjà échaudé par le gel d’embauche annoncé par le premier ministre Couillard la veille, le syndicat de la fonction publique (SFPQ) a bondi une nouvelle fois, hier, en découvrant la proposition des experts mandatés par le nouveau gouvernement pour analyser l’état des finances publiques.

La présidente du syndicat, Lucie Martineau, n’a manifesté «aucune ouverture» pour rouvrir les conventions et reproche à Québec d’avoir choisi la «facilité» en gelant l’embauche, alors que le problème d’expertise au MTQ n’est toujours pas réglé. À son avis, le gouvernement devrait d’abord évaluer d’autres options et s’occuper davantage de la colonne des revenus.

«Y’a plein de solutions qu’on ne veut pas regarder. Pourquoi on ne taxe pas les biens de luxe? Pourquoi on a besoin d’avoir un Hummer à Québec? Pourquoi on ne met pas une taxe sur les émanations de carbone? Juste centraliser nos achats de médicaments au Québec, on pourrait sauver 1 milliard, mais il n’y a pas un gouvernement qui met ses culottes.»


Les constats de Godbout et Montmarquette

  • Le déficit budgétaire 2013-2014 s’élèverait à 3,145 milliards $, soit 645 millions $ de plus que la cible de 2,5 milliards $ annoncée dans le budget Marceau.
  • Un déficit budgétaire de 1,75 milliard $ est prévu pour l’année 2014-2015, mais si aucune mesure n’est prise, il pourrait atteindre 5,483 milliards $ (3,733 milliards $ de plus).
  • Le Conseil du Trésor a identifié des efforts pour un total de 1,783 milliard $ (qui n’a pas été validé politiquement). Il resterait donc 1,95 milliard $ à trouver en 2014-2015 pour atteindre la cible de déficit prévu.
  • Le Québec est confronté à un déficit structurel: le taux de croissance des dépenses approche annuellement 5 %, alors que le taux de croissance nominal de l’économie serait plutôt de 3,5 % au cours de la prochaine décennie.
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