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Bande dessinée

Un classique inespéré

Chroniques du 
Centre-Sud
photo courtoisie Chroniques du Centre-Sud

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Si le Plateau et le Mile-End ont été maintes fois croqués par bons nombres d’artisans locaux du neuvième art, nul n’a su incarner avec autant de fougue le Centre-Sud que Richard Suicide.

Si le Plateau et le Mile-End ont été maintes fois croqués par bons nombres d’artisans locaux du neuvième art, nul n’a su incarner avec autant de fougue le Centre-Sud que Richard Suicide.

Acteur incontournable de la contre-culture de la fin des années 1980, aux côtés de Siris, Henriette Valium, Luc Giard, Julie Doucet et Simon Bossé, Richard Suicide (alias Richard Beaulieu), bien qu’actif dans le microcosme du fanzinat, n’a que très peu d’albums à son actif, outre Gonades cosmiques chez Zone Convective (1997) et My Life as a left foot, compilation anglophone chez l’éditeur canadien Conundrum Press (2007). Remédiant à cette regrettable situation, la jeune structure éditoriale Pow Pow offre l’album que les aficionados n’attendaient plus, celui que l’illustrateur méritait depuis trop longtemps.

EN MARGE

En 1980, le jeune artiste, alors âgé de 19 ans, remporte le premier prix du concours de bande dessinée du Salon du livre de Montréal. En guise de prix, la planche fut publiée dans le magazine Croc. Rien de moins.

Mais c’est en 1988, dans le collectif Rectangle, qu’il a véritablement fait ses débuts. Il a participé ensuite à de nombreux collectifs, dont Krypton, Écran d’arrêt, Guillotine, Comix 2000, Les démons du Hockey en plus de nombreux fanzines solos. Résolument inspirées du grand maître Robert Crumb, ses bandes magistralement trash s’avèrent être un petit théâtre de la comédie humaine en milieu urbain.

Alors que les tendances évoluent en fin de décennie des années 1990, notamment avec l’avènement de La Pastèque, Suicide demeure en marge, parfaisant son style des plus saillant.

CHRONIQUES DU CENTRE-SUD

Les lecteurs du défunt hebdomadaire montréalais Ici ont pu découvrir les Chroniques du Centre-Sud dès 1997. Bien que partiellement dévoilées dans des collectifs et fanzines à modeste tirage, voilà qu’elles prennent enfin forme sous une seule couverture.

On y suit l’auteur, habitant l’écosystème unique du Centre-Sud, au gré de ses explorations urbaines décadentes, peuplées de commerces scabreux, de voisins plus grands que nature – dont l’illustrateur Siris – et d’un déluge de houblon. Le tout agrémenté de fiches anthropologiques, question de parfaire notre connaissance de ce coin de ville relégué aux oubliettes.

Panoramique, certes festif, c’est une véritable lettre d’amour pour ce coin de ville que l’auteur nous livre. Un bel et grand amour, aussi tout croche soit-il.

En cette ère de superficialité consommée, les Chroniques du Centre-Sud se prennent comme un grand bol d’air frais aux effluves de bière rance, de friteuses fatiguées et de monoxyde de carbone de vieilles minounes.

 

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