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Maltraitance | Veau de lait

Un ex-producteur appelle au boycott du veau de lait

veaux
Photo Le journal de Montréal, anne caroline desplanques

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«Je ne mange pas de veau et je ne conseille à personne d’en manger.» Ces mots viennent d’un fermier expérimenté du Centre-du-Québec qui a élevé des centaines de veaux de lait.

Jean Côté a élevé jusqu’à 650 veaux de lait sur sa ferme de Saint-Félix-de-Kinsley pour le géant québécois Écolait. Il n’a pas été surpris des images de maltraitance filmées à Pont-Rouge dans une ferme du réseau de Délimax, le deuxième gros joueur de l’industrie. Pour lui, la souffrance est au cœur du modèle de production.

Intégration verticale

Lui aussi a été contraint d’attacher les veaux serrés dans des stalles étroites. «Ces techniques-là, c’est les intégrateurs qui ont imposé ça», indique M.Côté.

Les intégrateurs, ce sont Écolait et Délimax. Ils contrôlent 95% du marché du veau d’ici, de la naissance du veau à sa mise en marché, en passant par l’alimentation et l’abattage.

Ils imposent aussi les techniciens qui contrôlent une fois par semaine la santé des veaux, la nourriture et la taille des stalles, explique André Lussier, qui élève une centaine de veaux de lait près de Sainte-Hyacynthe.

Aujourd’hui indépendant, M. Lussier a travaillé avec Délimax pendant un peu plus d’un an. «Quand tu signes avec eux, tu ne contrôles plus rien», s’insurge-t-il.

«Alors quand je lis dans Le Journal que Délimax nie être responsable pour

Pont-Rouge, les bras m’en tombent. C’est effrayant de mentir de même!» lance M. Côté.

Élevages trop gros

M. Côté explique qu’Écolait l’a poussé à accroître son élevage jusqu’à ce que sa femme Pascale et lui n’en puissent plus. «On n’y arrivait carrément pas. On se brûlait au travail», se souvient-il.

Harassé et endetté jusqu’au cou (voir autre article), le couple a été contraint de vendre sa ferme et sa maison en 2010 et il vit aujourd’hui de petits boulots.

«C’est impossible de donner du bien-être à plus de 500 veaux en même temps et un éleveur qui n’a pas de bien-être pour lui-même, il ne peut pas donner du bien-être aux bêtes», conclut M.Lussier.

À Pont-Rouge, la ferme intégrée de Délimax produisait 800 veaux à la fois avec seulement deux employés sans formation.

Mais le directeur développement et commercialisation de la compagnie, André Blais, estime que seules des exploitations de grande taille peuvent fonctionner dans le marché actuel. «Les gens doivent améliorer leur productivité», dit-il. Pour lui, ce modèle est tout à fait compatible avec le bien-être animal.

Chez Écolait, le directeur, Yves Barbet, a poliment adressé Le Journal à son avocate, avec laquelle il a été impossible de parler.

 

150 000
veaux de lait produit annuellement au Québec
800
veaux de lait, production annuelle d’une ferme familiale moyenne
213
fermes, surtout dans les régions de Saint-Hyacinthe, des Bois-Francs et de Québec
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