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Exode des médecins de famille

Médecins de famille: plus de 200 ont quitté le régime public

omnipraticiens
Photo d'archives

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Le nombre d’omnipraticiens qui ont tourné le dos au public a franchi la barre des 200 cette année, une augmentation de 200 % depuis 2007.

«C’est préoccupant, avoue le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Mais les conditions de pratique ne se sont pas améliorées depuis plusieurs années.»

En date du 17 avril dernier, 201 omnipraticiens étaient désaffiliés du Régime de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Il s’agit d’une hausse de 8 % par rapport à l’an dernier, alors qu’ils étaient 186 à avoir fait ce choix.

« Mauvaise nouvelle »

«C’est clairement une mauvaise nouvelle pour l’accès universel aux soins de santé, réagit Joseph Dahine, président de la Fédération des médecins résidents du Québec. Le pouvoir du nombre est important. Plus il y a de médecins au public, mieux on peut livrer la marchandise.»

De façon générale, entre 15 et 20 médecins de famille québécois prennent annuellement le chemin du privé (voir tableau).

On peut désormais parler d’une tendance puisqu’ils n’étaient que 65 à avoir délaissé le public en 2007. C’est donc une hausse de 209 % en sept ans.

Les patients les suivent

«On impute presque tous les problèmes du réseau aux médecins de famille, ajoute le Dr Godin. Donc, on voit des médecins qui, du jour au lendemain, quittent le système. Et leurs patients les suivent.»

Selon le Collège des médecins (CMQ), environ 300 nouveaux médecins de famille arrivent sur le marché du travail chaque année.

Un simple calcul permet de voir que les 15 omnipraticiens qui partent chaque année représentent 5 % du nouvel effectif médical.

Lorsqu’ils quittent le public, les médecins cessent de facturer à la RAMQ; c’est le patient qui paie les frais à 100 %.

Selon le Dr Dahine, ce ne sont toutefois pas les jeunes qui quittent le public.

«On a beaucoup valorisé la médecine familiale depuis quelques années, et on voit un engouement dans les inscriptions. C’est peut-être plus tard qu’arrive une désillusion face à un système qui ne leur permet pas de s’accomplir.»

Problème du système

De son côté, le Dr Godin ne croit pas qu’il y ait de profil type du médecin de famille qui choisit le privé.

«Ça veut dire qu’on n’est pas capable de donner un environnement de travail satisfaisant, conclut-il. Mais, si on veut garder un système public, il va falloir se donner des moyens de le faire fonctionner.»

Ce dernier note toutefois qu’au moins, ces docteurs continuent de travailler au Québec.

Par ailleurs, le virage au privé n’est pas aussi important chez les spécialistes. Cette année, 77 médecins avaient fait ce choix, le même nombre qu’en 2013.

Hier, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n’a pas rappelé le Journal.

 

Les médecins non
participants au régime public
Aucune obligation de travailler dans le public avant de se désaffilier
Le patient défraie 100 % de la facture des frais médicaux
Le médecin fixe lui-même les tarifs pour les services
Aucun remboursement de la RAMQ n’est possible
Omnipraticiens désaffiliés de la RAMQ
2001
18
2007
65
2008
88
2009
109
2010
123
2011
142
2012
160
2013
186
2014
201
Source: RAMQ
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