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Six conseils pour comprendre les mensonges de vos enfants

Six conseils pour comprendre les mensonges de vos enfants
illustration benoit tardif, colagene.com

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Entre 4 et 12 ans, nos enfants apprennent à peu près tout sur le mensonge. Quelles sont les étapes qu’ils franchissent? Comment faire en sorte qu’ils n’en fassent pas une habitude?

Entre 4 et 12 ans, nos enfants apprennent à peu près tout sur le mensonge. Quelles sont les étapes qu’ils franchissent? Comment faire en sorte qu’ils n’en fassent pas une habitude?

1) La fabulation des tout-petits. Autour de 3, 4, 5 ans, quand un enfant vous raconte en détail un événement qu’il a supposément vécu alors que vous savez que c’est à sa grande sœur que c’est arrivé, vous êtes face à une fabulation plutôt qu’à un mensonge. Une fabulation est un récit imaginaire présenté comme une réalité vécue. L’enfant repère dans son entourage une histoire qui l’inspire et se pratique à la répéter comme s’il en était le personnage principal. Il a appris des mots (bobo, band-aid, tomber, moi, je…) et il les répète tout en construisant un récit. Il teste l’effet de ses paroles sur vous. N’y cherchez ni malice, ni préméditation. Encouragez-le à parler de sa courte vie en faisant un album de photos centré sur lui et racontez-lui des histoires sur sa naissance et son temps de bébé. Vous l’aiderez à se construire.

2) Distinguer fantasme et réalité Avant 6 ans, il s’agit comme parent de ne pas s’alarmer des petits mensonges de son enfant. Sans le culpabiliser ou le ridiculiser, on donne sa place à la vérité. On la nomme. Un enfant qui s’invente un grand frère, c’est tout à fait naturel et fréquent. On l’écoute et on l’encourage délicatement à faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est imaginaire.

3) « Je suis moi » À mesure qu’il grandit, l’enfant prend conscience qu’il est distinct des adultes qu’il aime pourtant très fort. Comme ses parents restent tout puissants à ses yeux, pendant un temps, il craint de raconter un «vrai mensonge». Un jour, il réussit! C’est une victoire pour lui, car il se dit: «Je peux détenir un secret. Je suis moi.» Le mensonge est alors une façon d’apprivoiser le fait qu’il est une personne à part entière.

4) Trouver les raisons. Vers 7 ou 8 ans, le mensonge peut devenir intentionnel. Si vous constatez que votre enfant commence à mentir sciemment, il faut voir pourquoi. Est-ce pour éviter une punition, pour échapper à la honte, pour protéger un secret, par imitation? Est-ce qu’il cherche à retirer un bénéfice, à se valoriser, à compenser un sentiment de nullité (il s’invente des exploits), à se rendre intéressant, à manipuler les autres ou à fuir une réalité difficile?

5) Un éloignement naturel. Après 8 ans, l’enfant se tourne vers les amis. Il commence à partager ses secrets avec eux, en particulier avec son meilleur ami. Ses parents ne seront plus ses seuls confidents, et c’est tout à fait correct. Cela dit, il ne faut pas s’éloigner de lui et le laisser vous raconter n’importe quoi. Genre: «Je n’ai pas de devoir.»

6) Cultiver le lien de confiance. Pour vivre en société, il est nécessaire de mentir au moins une fois de temps en temps. On inculque à son enfant d’être franc, mais un jour ou l’autre, il constatera que toute vérité n’est pas bonne à dire. C’est un signe d’empathie: la capacité de saisir ce que l’autre ressentirait nous fait parfois mentir. Par ailleurs, se complaire dans le mensonge finirait tôt ou tard par nous éloigner de ceux qu’on aime, et c’est cela que l’enfant doit comprendre. En ouvrant les yeux sur un problème d’intégrité (mensonge, tricherie) de son enfant et en cultivant une relation de confiance avec lui, on tient à distance les cachotteries inutiles ou nuisibles. Pour cela, comme parent, il vaut mieux rester proche de son enfant et parler beaucoup avec lui tout en respectant sa façon de penser et son jardin secret.

 

 

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