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Il a escroqué son frère et ses 3 soeurs

Déshérité par le juge après avoir voulu flouer sa famille

Il s’est emparé de l’île et du chalet familial en vue d’en faire un gîte touristique

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Un juge vient de déshériter un courtier immobilier de Montréal qui a fait signer un testament in extremis à sa vieille mère démente, privant son frère et ses sœurs de l’île et du chalet familial à son profit.

Un juge vient de déshériter un courtier immobilier de Montréal qui a fait signer un testament in extremis à sa vieille mère démente, privant son frère et ses sœurs de l’île et du chalet familial à son profit.

«Son comportement est équivalent à la commission d’une fraude civile. [...] Il voulait l’île et le chalet. Il a tout fait, sans scrupules, il a volé sa mère et il a volé ses frères et sœurs», déplore le juge Robert Mongeon.

Après 10 ans d’une dispute familiale, Alain Grégoire devra aussi payer une somme de 30 000 $ à titre de dommages, pour les avoir privés du domaine familial et les avoir forcés à supporter des frais judiciaires.

Tout a commencé en 1989, alors que la dame, Mignonne Grégoire Desrosiers, a notarié son testament dans lequel elle léguait à parts égales à ses cinq enfants son seul actif, soit l’île et le chalet familial situés au milieu du lac Grothé, à Wentworth-Nord.

Il s’agit d’un domaine qui fut le chalet de l’ex-maire de Montréal, Médéric Martin, au début du 20e siècle. Pour les Grégoire, l’endroit a une valeur sentimentale puisqu’ils s’y sont amusés toute leur jeunesse.

En 2000, Mme Grégoire est placée en CHSLD. Son état se détériore. Elle souffre de déficience intellectuelle, d’un type d’Alzheimer. Elle oublie tout ce qu’on lui dit en 10 minutes. On doit composer pour elle les numéros de téléphone où elle veut appeler.

Signature en catimini

Son fils Alain, qui prend soin du chalet, devient de plus en plus intéressé par cet immeuble. Il souhaite même y ouvrir un gîte touristique, surtout qu’il possède déjà le chalet de l’île voisine.

Inquiets, les autres enfants font signer à leur mère un codicille olographe, confirmant son désir, couché sur le testament, de léguer à ses cinq enfants le chalet familial à parts égales.

Mais, six mois avant la mort de la dame, Alain Grégoire fait signer en catimini un tout nouveau testament à sa mère, dans lequel elle lui lègue à lui seul le domaine familial, ce qui a pour effet de déshériter du même coup ses frère et sœurs.

Ce n’est que trois mois après le décès de la dame que son frère et ses sœurs ont appris qu’Alain était le seul héritier.

Ajouter l’insulte à l’injure

«Il a même continué à percevoir de son frère et de ses sœurs leur quote-part des frais et dépenses afférents à la résidence secondaire dont il était devenu le seul propriétaire!» écrit le juge Mongeon.

Représentés par Me Jean Bernier, le frère et les sœurs se sont adressés au tribunal pour faire trancher le problème.

Le juge Mongeon leur a donné raison sur toute la ligne, dans un jugement récent, y allant de déclarations sévères envers Alain Grégoire et la notaire qui a fait signer le testament à sa mère, Vivien Stone (voir autre article).

Pour le magistrat, il est clair qu’Alain Grégoire a agi avec un manque de bonne foi et d’honnêteté en faisant signer un nouveau testament pour son seul bénéfice personnel, sachant que sa mère n’avait pas toute sa tête.

Le juge a annulé le don notarié, déclaré Alain Grégoire inhabile à être liquidateur et surtout indigne d’hériter. Il devra aussi verser 10 000 $ à chacun de ses frère et sœurs pour dommages et compensations.

La propriété est évaluée à 121 000 $ au rôle municipal.

Alain Grégoire n’a pas rappelé Le Journal.

 

Ce que le
juge a dit
«
La donation, organisée de toutes pièces, a donc le même effet que le fait de faire un faux testament.»
«
Son comportement peut [...] être qualifié de hautement répréhensible à l’endroit de la testatrice dont il a sciemment détourné les intentions à son seul projet.»
«
Plus on réfléchit aux faits et gestes d’Alain Grégoire, plus on se rend compte de son manque de bonne foi et d’honnêteté à l’égard de sa mère.»
«
[Je suis] d’avis que monsieur Alain Grégoire a eu une conduite hautement répréhensible à l’égard de sa mère en dénaturant ses intentions et en la dépouillant de son actif principal à son détriment et pour son seul bénéfice personnel.»
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