/investigations/techno
Navigation
Informatique

Fonctionnaires accusés de fraude

Coup d'oeil sur cet article

Le Bureau de la concurrence du Canada a déposé hier des accusations criminelles contre une compagnie et trois fonctionnaires fédéraux relativement à un cartel de services-conseils informatiques.

Le Bureau de la concurrence du Canada a déposé hier des accusations criminelles contre une compagnie et trois fonctionnaires fédéraux relativement à un cartel de services-conseils informatiques.

Les faits reprochés datent de 2009, mais notre Bureau d’enquête a appris que deux des trois fonctionnaires ont connu une belle ascension dans la fonction publique depuis ce temps. Si bien que ces individus occupent aujourd’hui deux postes stratégiques de cadres en informatique au fédéral.

Le Bureau de la concurrence allègue que l’entreprise américaine Microtime a comploté avec les trois fonctionnaires afin de remporter des appels d’offres pour des contrats de services-conseils informatiques totalisant 3,5 M$.

Les contrats ont été signés avec l’organisme fédéral Bibliothèque et Archives Canada (BAC) où travaillent les trois fonctionnaires accusés, a expliqué Phil Norris, porte-parole au Bureau de la concurrence.

Ce dernier n’a pas voulu dévoiler dans quelle mesure l’entreprise et les employés de l’État pouvaient s’échanger des services dans le complot présumé. «Le Bureau a commencé à enquêter sur ce cartel en 2009», ajoute l’organisme de surveillance.

Un des fonctionnaires soupçonnés, Barney Shum, était directeur du BAC au moment des faits reprochés. Ce dernier est maintenant retraité, mais a été embauché comme consultant privé à Santé Canada, a-t-on découvert.

Toujours à l’emploi

Les deux autres fonctionnaires, Sylvie Béland et Marie-Claude Renaud, occupaient des postes de gestion chez BAC à l’époque. La première est aujourd’hui chef de systèmes informatiques chez Statistique Canada. La deuxième occupe un poste de dirigeante à la direction des technologies de Travaux publics et services gouvernementaux Canada.

Notre Bureau d’enquête a contacté les services fédéraux où travaillent toujours les deux femmes soupçonnées. Étonnament, les deux organismes ont catégoriquement refusé de répondre à la seule question: est-ce que des sanctions ont été prises?

Les trois fonctionnaires sont passibles d’une peine maximale d’emprisonnement de cinq ans et d’une amende maximale de 5000 $.

L’enquête a été facilitée par un dénonciateur dans le dossier.

«Le Bureau n’hésitera pas à prendre les mesures nécessaires contre les auteurs (…) y compris ceux qui se trouvent hors de son territoire», ajoute le Bureau. Le propriétaire de la firme informatique, John Cassandre, est résident américain.

 

Commentaires