/opinion
Navigation

Le feu est pris entre Labeaume et Deltell

Coup d'oeil sur cet article

De toute évidence, le maire de Québec n’a pas encore digéré que la CAQ se prononce contre ­certains de ses projets lors de la dernière campagne électorale.

De toute évidence, le maire de Québec n’a pas encore digéré que la CAQ se prononce contre ­certains de ses projets lors de la dernière campagne électorale.

Régis Labeaume en a gros sur le cœur et refuse de passer l’éponge même si sa nouvelle position ressemble drôlement à celle de la Coalition avenir Québec.

Retour sur la campagne

On se souvient qu'en campagne électorale, le maire avait martelé que les projets comme l’anneau de glace couvert, la réfection des Nouvelles-Casernes et Le Diamant de Robert Lepage étaient ­essentiels et urgents pour la région de Québec. Le Parti libéral et le Parti québécois s'étaient prononcés en faveur de tous ces projets, sauf la CAQ qui soutenait que les contribuables n’avaient pas les moyens de se payer des projets non prioritaires. François Legault avait dit et je cite: «L’argent ne pousse pas dans les arbres. On n’offrira pas de bonbons électoraux.»

En pleine campagne, le premier magistrat de la ville ne s’était pas gêné pour rabrouer la CAQ. Il accusait le parti de s’en prendre aux artistes et aux athlètes de haut niveau pour se faire du capital politique. Au lendemain des élections, après avoir constaté que les caquistes avaient perdu les deux tiers de leurs députés dans la Capitale-Nationale, Régis Labeaume soutenait que la CAQ avait payé le prix pour avoir refusé ses projets.

Les compressions changent tout

Mais voilà que la semaine dernière, le premier ministre mettait l’État québécois au régime minceur. Philippe Couillard annonçait que le gouvernement n’avait d’autre choix que de sabrer les dépenses pour espérer atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016. Pour y contribuer, Régis Labeaume a donc fait un virage. Il se dit prêt à revoir l'échéancier de certains projets pour donner un peu de répit au gouvernement provincial.

Évidemment, ce changement de cap n’est pas passé inaperçu. Le député caquiste Gérard Deltell a rapidement pris la balle au bond pour dire haut et fort dans les médias que le maire Labeaume était maintenant d’accord avec leur vision. M. Deltell se réjouissait de constater que son équipe avait vu juste.

Une bonne joute oratoire

Il n’en fallait pas plus pour allumer la mèche du maire qui a répliqué de façon cinglante que Gérard Deltell ne faisait plus partie de l’équation, que la campagne était terminée, et qu’il n’avait plus de votes à aller chercher.

Le député de Chauveau ne s’en est pas laissé imposer. Il a rapidement recontacté les médias pour dire que tous les gens qui payent des taxes et impôts font partie de l’équation puisque ce sont tous les gens qui payent. Sur ce point, je dois donner raison à Gérard Deltell.

Au lendemain de l’élection, Régis Labeaume saluait l’honnêteté de son ami Pierre Karl Péladeau. Il disait être fier de PKP parce que, dans le camp ­souverainiste, il avait été le plus ­transparent. Pourquoi n’est-il pas aussi fier de la CAQ qui a été honnête et transparente au sujet des finances ­publiques?

Commentaires