/opinion/columnists
Navigation

L’improvisation péquiste

Coup d'oeil sur cet article

L'on découvre au gré des ­commentaires des militants péquistes, blessés et encore en état de choc de la dégelée qu'ils ont subie le 7 avril dernier, la désorganisation qui existait à l'intérieur de la machine électorale.

L'on découvre au gré des ­commentaires des militants péquistes, blessés et encore en état de choc de la dégelée qu'ils ont subie le 7 avril dernier, la désorganisation qui existait à l'intérieur de la machine électorale.

Absence de coordination, confusion dans les messages, compétition au sein des conseillers de Madame, sentiment d'abandon parmi les candidats et, vers la fin de la campagne, la panique. Il n'y a qu'un mot et c'est l'incompétence pour décrire cette descente aux enfers du PQ qui partait gagnant dans cette campagne.

Cette incompétence apparut dès les premiers mois du gouvernement péquiste. Nominations ministérielles douteuses comme celle de Daniel Breton qui dut démissionner rapidement, déclaration de guerre contre les «riches», collisions frontales entre les coqs du parti, prétendants au trône, les Drainville, Lisée et autres jeunes loups, et ce discours fait de feintes et de demi-vérités sur un possible référendum «lorsque les Québécois seront prêts». Que dire aussi du populisme démagogique pour défendre le projet de charte des valeurs qui rejoignait dans son principe une large proportion des citoyens? Sans faire preuve de respect vis-à-vis de tous les Québécois en antagonisant les communautés culturelles, on a laissé le climat se dégrader pour en arriver aux déclarations aberrantes que l'on veut oublier comme après un mauvais rêve.

Le mystère PKP

Plusieurs au PQ ne souhaitent pas une course rapide à la direction. Pour protéger un semblant d'unité sur la place publique. Mais la nature humaine étant ce qu'elle est et les réseaux sociaux s'agitant au moindre propos d'un militant amer, il apparaît périlleux pour le parti, l'opposition officielle tout de même, de prolonger longtemps la direction intérimaire.

Le grand mystère demeure Pierre Karl Péladeau qui goûte déjà à la manière péquiste de traiter son monde. Plusieurs militants ont vibré à son premier discours, mais dans l'urgence de trouver des boucs émissaires, ont déjà pris leur distance face à celui qu'ils qualifient à nouveau d'antisyndicaliste et de néolibéral, voire d'exploiteur du peuple. Car le mouvement vers la gauche du PQ, amorcé par Pauline Marois après son élection en 2012 et qui a connu un retour au centre gauche avant l'élection récente, car il fallait cesser d'effaroucher le monde des affaires, semble reprendre sa direction à gauche toute.

À vrai dire, que fera PKP dans un parti composé encore de turbulents, vieillis, mais incorrigibles, qui dédaignent les financiers, les entrepreneurs, tous conservateurs sociaux?

Le PQ, tel qu'on l'a connu, n'a plus d'avenir. Qui pourrait raisonnablement croire que les décennies à venir seront favorables à l'indépendance du Québec avec de nouvelles générations qui ont décroché du vieux rêve des grands-­parents et qui n'ont pas l'intention de rejouer la revanche des berceaux?

Par ailleurs, PKP, dont personne ne peut nier la compétence et le talent, peut-il ignorer désormais les failles du PQ, les conséquences de l'incompétence de ses dirigeants dans les dernières années, et ne pas voir le panier de crabes dans lequel il a mis les pieds?

Pierre Karl Péladeau a quitté son entreprise florissante pour ses convictions politiques, mais il est impossible qu'il ne s'interroge pas sur l'avenir de son parti auquel il a lié son propre avenir.

 

Commentaires