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Attention aux minounes du printemps

Attention aux minounes du printemps
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Le printemps est arrivé. Les petites annonces regorgent de deals imbattables de voitures usagées. Prudence.

Le printemps est arrivé. Les petites annonces regorgent de deals imbattables de voitures usagées. Prudence.

«Au printemps, les minounes percent la neige comme les pâquerettes», lance chaque année Jean-Jacques Préaux, porte-parole de l’Office de protection des consommateurs. C’est une boutade, mais elle traduit une réalité: les plaintes se multiplient souvent au sujet de ces voitures qui ont passé l’hiver à attendre le premier poisson venu.

Avant de partir à la chasse aux aubaines, sachez qu’un véhicule vendu par un particulier n’est pas assujetti à la Loi de la protection du consommateur. Une personne avertie en vaut deux. Mais il existe des trucs pour se protéger. M. Préaux suggère ainsi de rédiger un contrat. «Les paroles s’envolent, les écrits restent», dit l’adage.

Pas besoin de faire appel à un avocat. Une simple feuille de papier suffit. Rédigez toutes les informations reliées à la transaction: la date de la signature, le nom, l’adresse, le numéro de téléphone et le courriel du vendeur et de l’acheteur, les montants de vente et d’acompte s’il y a lieu ainsi que toutes les particularités du véhicule, dont la marque, l’année, le modèle, le kilométrage, le numéro de série. Ajoutez des détails techniques, comme l’état de la carrosserie, du pare-brise, l’usure des pneus, tout aspect mécanique mentionné par le vendeur, si le véhicule vient avec des accessoires, etc. Pour tout acompte, demandez un reçu écrit.

Autre incontournable du parfait acheteur de véhicule d’occasion: exigez une inspection auprès d’un garage qui a votre confiance (pas celle du vendeur). Vous pourrez déduire les réparations urgentes du prix de vente et vous assurer qu’il peut tout simplement rouler!

N’oubliez pas de confirmer auprès du Registre des droits personnels et réels immobiliers (RDPRM: www.rdprm.gouv.qc.ca) si le véhicule est libre de toute obligation financière. Du même souffle, vérifiez si l’auto n’est pas volée auprès du Centre d’information de la police canadienne (https://www.cpic-cipc.ca).

«Méfiez-vous des bons deals. Un véhicule de huit ans qui affiche 65 000 km, c’est trop beau pour être vrai, commente Philippe St-Pierre, directeur adjoint aux affaires publiques au CAA. Les voitures qui ont passé l’hiver dehors peuvent avoir souffert d’infiltration d’eau, les pneus sont peut-être finis, la batterie est à plat. L’inspection, c’est antistress. Et prévoyez 5 % à 10 % de votre budget pour d’éventuelles réparations.» Surtout: méfiez-vous des mentions «vendu tel que vu» ou «vendu sans garantie». Vous renoncez à être dédommagé pour un vice caché.

Attention aux faux particuliers

Le coup classique: le commerçant qui se fait passer pour un particulier dans les petites annonces, pour se soustraire aux obligations de la loi. Ce «faux particulier» n’a souvent pas de licence de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ). Il vous donne rendez-vous dans la rue, jamais à son domicile, prétextant des rénovations. La voiture déménage souvent de location pendant les étapes de la transaction. Il vend le véhicule pour sa belle-mère ou le frère parti combattre en Afghanistan. Il insistera pour faire le transfert de propriété (ou des plaques) par lui-même au bureau de la SAAQ. On n’est jamais trop méfiant...

 
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