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Entrevue avec Guy Laliberté

Des difficultés qui s’expliquent

Criss Angel
Photo d'archives

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Le Cirque du Soleil revient de loin. «Pendant trois ans, on s’est fait bombarder de partout», analyse Guy Laliberté.

Le Cirque du Soleil revient de loin. «Pendant trois ans, on s’est fait bombarder de partout», analyse Guy Laliberté.

Le fondateur du Cirque du Soleil raconte un épisode de janvier 2013, dans un moment particulièrement sombre de la crise.

«Je suis arrivé au meeting […] et j’ai dit: «Regardez; on fait face à quelque chose, ça sera pas drôle pour personne, ni pour nous autres. Donnez-moi 12 mois.

«Vous allez me perdre pour une affaire: si on continue à laver notre linge sale sur la place publique, vous allez me perdre. Je vous demande une chose: on va dealer ça, on va le dealer en famille.»

Au début de 2014, Guy Laliberté a présenté à son équipe son plan d’affaires pour les cinq prochaines années.

«Il n’y a rien qui est sorti. Pour moi, c’est la récompense que j’ai eu d’être ce que je suis et d’avoir une organisation comme elle est.»

Chiffre d’affaires de 850 M $

En 2012, le chiffre d’affaires du Cirque du Soleil avoisinait 1 millard $.

«Volontairement, je l’ai descendu à peu près à 850 M $ pour des raisons très stratégiques», indique M. Laliberté.

L’élimination de quelque 400 postes en juin 2008 a jusqu’ici permis d’économiser 100 M $.

Les difficultés vécues par l’entreprise s’expliquent selon M. Laliberté, par différents facteurs: un changement de règles comptables, un marché d’escomptes à Las Vegas, et le dollar canadien.

«Pendant des années, on a généré du revenu américain. On produisait, on créait à 65 cents dans la piastre. Après deux ans, on était à terre. Juste ça, en profitabilité, c’est 50 M $, par année. […] C’est énorme.»

La belle et la bête

L’homme d’affaires admet d’emblée que son entreprise a aussi des torts à assumer: création de petits châteaux forts dans l’équipe, un manque d’expérience à l’interne pour différents projets, et une perte de contrôle dans certaines dépenses.

«Il y a la belle et la bête au Cirque du Soleil. La belle, c’est que les outils, les possibilités de création sont infinis. […] La bête, c’est qu’on a des systèmes, des coûts de production, qui se sont alourdis avec le temps. On est parti de la bobette à 100 $ et on est rendu avec la bobette à 10 000 $. À un moment donné, c’est quand même juste une maudite bobette.»

En 2008, Guy Laliberté a laissé filer 20 % des parts de l’entreprise à Istithmar World et Nakheel, des sociétés de Dubaï.

«J’ai eu mon chèque de ma transaction le 5 août, et une semaine après, je n’avais plus de partenaire stratégique», raconte-t-il.

Guy Laliberté a racheté, l’an passé, 10 % de ses parts et il pourrait faire de même avec celles qui restent.

Un «échec de collaboration» avec Criss Angel, une «erreur d’étude de marché» pour Iris à Los Angeles, un Zaïa «trop soft, trop intellectuel» pour Macao; Guy Laliberté explique l’échec de chacun de ses spectacles.

Quant à Elvis, la page est définitivement tournée. Le deal? «Il est mort. Il n’y a plus rien», admet-il.

Guy Laliberté assure qu’il n’a surtout pas l’intention de vendre le Cirque.

«Des offres, j’en ai eu, mais je les ai toutes refusées.

«Je vais mourir avec le Cirque [...], mais est-ce que je vais mourir avec 70 %, 50 % ou 20 %, je ne le sais pas.»

 

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