/entertainment/shows
Navigation
Guy Laliberté

«Le constat est pas beau» - Guy Laliberté

Guy Laliberté
Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

Coup d'oeil sur cet article

«On est en train de se démoraliser.» Problèmes de gestion, d’audace, de vision: le Québec a des croûtes à manger s’il veut avancer et briller à l’échelle internationale, estime Guy Laliberté.

«On est en train de se démoraliser.» Problèmes de gestion, d’audace, de vision: le Québec a des croûtes à manger s’il veut avancer et briller à l’échelle internationale, estime Guy Laliberté.

Dans l’une de ses rares entrevues – sa première depuis 2009 –, le fondateur et grand patron du Cirque du Soleil avoue être triste en regardant ce qu’est devenu le Québec.

«Ça me fait de la peine, je trouve ça triste. Je trouve ça triste ce qu’on se fait nous-mêmes, au Québec, et à Montréal. Malheureusement, on est en train d’être plus proche de nos défauts que d’exploiter nos qualités. Ça me rend doublement triste pour ça», confie-t-il.

Assis dans son grand bureau du quartier Saint-Michel, décoré de photos de famille, de sculptures et d’œuvres d’art, l’homme d’affaires de 54 ans ne mâche pas ses mots en évoquant les commissions et les scandales qui éclaboussent Montréal et la province.

«On est en train de perdre cette confiance qui, déjà, a été historiquement ébranlée. Là, on s’ébranle nous-mêmes. C’est encore pire.»

«Le constat n’est pas beau. Et je partage le constat, mais est-ce que je me nourris du constat pour me démoraliser? Je ne peux pas me permettre ça.»

Un « rendez-vous manqué »

En 2006, le Cirque du Soleil était impliqué dans un projet de spectacle jumelé à un nouveau casino, installé au bassin Peel. Le projet de 1,2 milliard $ est finalement tombé à l’eau.

«J’ai vécu ça deux fois à Montréal. On l’a vécu au building de l’Université de l’UQAM. [...]. On avait ce projet là duquel j’ai débarqué. Celui du Casino, effectivement, je pense qu’ils ont manqué leur coup. Tout l’argent qu’ils ont investi dans le casino, à le revamper, c’est de l’argent qui aurait pu être dans un environnement nouveau, contemporain, actualisé aux tendances internationales des villes qui s’organisent.»

Guy Laliberté dit être toujours «ouvert» à ce que lui, ou le Cirque, contribue «à faire de Montréal une meilleure ville», malgré le handicap de l’hiver.

«Regarde tout ce qui se passe; on est en train de se démoraliser. Bon, par chance, il y a un gars comme Coderre qui vient de rentrer, qui semble – je l’ai rencontré – un vent d’air frais. Avec Monsieur Labeaume – le maire Labeaume à Québec –, je trouve qu’on a deux personnes. Qu’on aime leur style ou pas, tabarnouche, ils regardent en avant et ils ont de la drive, et ça, ça représente le Québec, avec ses défauts et ses qualités.»

Un « reset » à faire

Guy Laliberté reste quand même optimiste, mais certaines choses doivent changer.

«On a à apprendre à faire une meilleure gestion, dit-il.

«Tranquillement, comme société, on s’est mis dans une situation où, aujourd’hui, c’est pas compliqué, il y a un reset à faire. Est-ce qu’on est en train de le faire? J’espère.»

Pour lui, un événement comme le 375e anniversaire de Montréal sera un moment charnière, «pour se stimuler, s’encourager collectivement».

«Il faut avoir de la vision, et il faut avoir de l’audace, mais il faut arrêter de se taper dessus.»

Guy Laliberté n’est pas le seul à poser un tel regard sur le Québec. Il y a presque un an, jour pour jour, Jacques Villeneuve y est allé d’une charge à fond de train.

«C’est dommage, car le Québec mérite mieux, c’est un territoire tellement beau. Il y a des gens intelligents et ouverts d’esprit qui sont capables de faire ­avancer le Québec, mais on les en empêche», avait-il confié au Journal, dans les paddocks du Grand Prix de ­Monaco.

 
Commentaires