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Bruins | Canadien

Soderberg, d’un seul œil

L’attaquant des Bruins raconte son parcours inusité vers la LNH

Carl Sodergerg
Pierre-Paul Poulin / JdeM Carl Soderberg a purgé l’unique punition des Bruins après sa collision avec Carey Price, hier soir.

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Carl Soderberg a atteint la LNH neuf ans après l’année de son repêchage, mais surtout six ans après une blessure qui lui a fait perdre pratiquement à 100 % l’usage de son œil gauche.

Carl Soderberg a atteint la LNH neuf ans après l’année de son repêchage, mais surtout six ans après une blessure qui lui a fait perdre pratiquement à 100 % l’usage de son œil gauche.

L’histoire de Soderberg est des plus fascinantes.

Le 20 avril 2013, le Suédois a endossé l’uniforme des Bruins de Boston pour une première fois. À sa première saison à Boston, il n’a joué que six matchs en fin de saison et deux autres en séries. Un an plus tard, Soderberg joue un rôle bien plus grand avec les Bruins, comme troisième centre de l’équipe.

Assis tranquillement dans le petit vestiaire de l’équipe adverse au Centre Bell, Soderberg a raconté son histoire, celle qui l’a conduit vers la LNH. Un brin timide, il ne cherchait absolument pas à passer pour un héros. Pour lui, c’était simplement son parcours.

«J’ai eu une blessure terrifiante quand j’étais plus jeune, a rappelé Soderberg, en entrevue avec Le Journal, quelques heures avant le troisième match entre les Bruins et le Canadien. J’ai été atteint par un bâton à mon oeil gauche et ma rétine a décollé.»

«Je jouais pour les Redhawks de Malmö quand ma carrière a pris un tournant. J’ai manqué 13 mois d’activité. Depuis ce jour, je ne vois pas de mon œil gauche ou pratiquement pas. J’ai réappris à jouer d’une façon différente.»

Selon le diagnostic des médecins, il a maintenant une vision 20/80 avec son œil blessé.

«Je peux simplement voir des ombrages», a-t-il répondu.

Un court séjour

Avant sa blessure, Soderberg venait de participer à son deuxième camp avec les Blues. En théorie, il devait poursuivre son apprentissage avec l’équipe-école des Blues, à Peoria.

Il n’a finalement jamais mis les pieds à Peoria. Le choix de 2e tour en 2004 avait le mal du pays.

«J’avais signé un contrat avec les Blues, mais je n’ai jamais joué pour cette organisation, a-t-il expliqué. Je n’aimais pas le style de vie en Amérique du Nord, je dirais que j’étais trop jeune pour m’adapter à ce changement. J’étais aussi très timide. Avec le recul, je comprends que j’étais juste trop jeune pour vivre un aussi gros changement dans ma vie.»

Les Blues ont finalement échangé ses droits aux Bruins en 2007 contre le gardien Hannu Toivonen. Encore une fois, il n’a pas immédiatement mis le cap sur les États-Unis.

«J’avais surtout beaucoup de plaisir à jouer chez moi, en Suède, a-t-il précisé. Je n’avais pas en tête de traverser l’Atlantique. Je dirais que j’ai recommencé à rêver à la LNH, il y a deux ans seulement. Je voulais me donner une chance. J’avais peur de finir ma carrière avec des regrets.»

Le respect de ses coéquipiers

Dans le vestiaire des Bruins, Soderberg a rapidement gagné l’admiration de ses coéquipiers.

«Je ne peux pas m’imaginer dans la LNH avec un seul œil, le jeu se déroule tellement rapidement, a dit Loui Eriksson qui avait déjà joué avec Soderberg pour l’équipe nationale de la Suède chez les juniors. Il a appris à vivre avec un seul œil, il a possiblement travaillé comme un fou pour y arriver.»

«Avant d’arriver dans la LNH, il avait remporté le championnat des marqueurs en Suède avec l’équipe de Linkopings. Il était un des meilleurs joueurs à ne pas jouer dans la LNH.»

Bergeron a aussi parlé du courage de son coéquipier.

«C’est vraiment impressionnant, je me demande ce qu’il pourrait faire s’il avait ses deux yeux, a-t-il lancé. C’est triste à dire, mais c’est la réalité. Carl a une vision du jeu incroyable, il fait de superbes passes et il a un bon instinct de marqueur.»

L’histoire de Carl Soderberg rappelle celle du Québécois David-Alexandre Beauregard, un ancien du Laser de St-Hyacinthe de la LHJMQ, également blessé grièvement à l’œil gauche par un coup de bâton accidentel de Xavier Délisle, des Bisons de Granby. Beauregard n’a finalement jamais joué dans la LNH, mais il a eu une belle et longue carrière dans différents circuits professionnels.


À sa première saison complète avec les Bruins, à l’âge de 28 ans, Soderberg a amassé 48 points (16 buts, 32 aides) en 73 rencontres.

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