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Selon l'IRIS

Le Québec n'est pas moins productif, affirme l'IRIS

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Photo Archives / Agence QMI Les chercheurs Mathieu Forcier et Laura Handal de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

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Le Québec n'accuserait pas de retard de productivité par rapport à l'Ontario et le recul de l'investissement des entreprises ne serait pas la faute de l'impôt. Ces affirmations ont été faites mercredi par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

La note est signée par Mathieu Dufour, qui s'attaque aux théories d'autres groupes de réflexion.

À partir des données de Statistique Canada, M. Dufour remarque qu'à 45,36 $ gagnés par heure travaillée, un écart de 3 $ séparait la Belle Province de l'Ontario en 2007. Il s'accroît légèrement en 2012.

Cependant, le poids des secteurs économiques n'est pas comparable. L'IRIS propose un ajustement pour en tenir compte. L'écart de productivité serait annulé, à un peu moins de 50 $ par heure travaillée en moyenne partout en 2012.

Son raisonnement? Les industries lourdes comme l'automobile génèrent plus de richesse en Ontario que les industries légères du Québec.

Le secteur financier a aussi généré environ 127 $ l'heure au Québec, contre seulement 30,14 $ dans le commerce. Or, la finance occupe 5,8 % du produit intérieur brut, contre 7,2 % chez les voisins. Le commerce représente 16 % de l'économie québécoise, contre 14,3 % dans le territoire voisin.

Les gains de productivité en finance paraissent moins, a précisé M. Dufour. «La croissance est plus grande qu'en Ontario, a-t-il dit. Si l'on compare des pommes avec des pommes, on fait mieux, mais Bay Street est plus grande.»

D'autre part, la construction a un mauvais bilan. «Il y a clairement du travail à faire, a dit le chercheur. Concentrons-nous sur les secteurs qui vont moins bien et faisons une analyse plus poussée.»

Cet éclairage est intéressant, a réagi Youri Chassin, économiste à l'Institut économique de Montréal. «On comprend peut-être mieux la cause du retard, mais on ne peut pas nier qu'il y en a un, a-t-il dit. Une partie est due au fait que des industries sont moins productives.»

Il ne faut pas gérer le problème avec n'importe quelle politique industrielle, a-t-il renchéri. «Si l'on me dit qu'il faut développer un gros secteur automobile, le subventionner et le sauver en cas de crise, je suis en désaccord», a dit M. Chassin.

Timidité des entreprises

Quant à l'investissement privé, l'IRIS reconnaît que de 1981 à 2011, il est passé de 14 % à un peu moins de 10 % du produit intérieur brut.

Mathieu Dufour refuse toutefois de blâmer le fardeau fiscal des entreprises pour ce ralentissement. Dans ses calculs, il retient le taux effectif payé, pour éliminer l'impact des crédits et déductions. De 1985 à 2000, le taux est passé de 5,2 % à 9,5 %. Il a redescendu par la suite pour s'approcher de 8 %. En même temps, l'investissement est tombé sous les 10 %.

Youri Chassin s'oppose. «Il y a un lien direct entre l'impôt [élevé] et l'investissement [bas]. Que ce soit en provenance du Fonds monétaire international ou des journaux scientifiques, les études sont nombreuses et l'effet est reconnu», a-t-il fait valoir.
M. Dufour voit tout de même l'accumulation de capital comme un problème, faisant écho à une étude du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA).

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