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Franco-Américains

Fèves au lard et pâté chinois

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Entrer chez Cote’s Market à Lowell, c’est un peu comme se retrouver dans une épicerie québécoise du début du siècle dernier.

Entrer chez Cote’s Market à Lowell, c’est un peu comme se retrouver dans une épicerie québécoise du début du siècle dernier.

À 470 km au sud de Montréal, on peut se procurer des cretons, de la tourtière et de la soupe aux pois.

Le commerce de Roger Levasseur a une adresse dans la rue Salem depuis 96 ans. C’est un des derniers vestiges de la culture canadienne-française à Lowell.

M. Levasseur, qui parle un français très rouillé, prépare des centaines de chaudrons de fèves au lard chaque semaine, les fameuses «Rochette’s beans».

«C’est ce qui a fait notre renommée», dit M. Levasseur, 65 ans, qui fait aussi du pâté chinois et des pâtés à la dinde.

Jack Kerouac

Chez les Côté, on est épicier de père en fils. Son grand-père, Joseph Elphège Côté, a ouvert le commerce, son père Wilfrid a suivi et, un jour, ses enfants prendront la relève.

Dans la ville de Jack Kerouac et Louis Cyr, on retrouve encore, 100 ans après la vague d’immigration de Canadiens français, quelques parcelles du Québec.

La banque Jeanne d’Arc Credit Union, est la plus vieille institution franco-américaine encore en fonction en ville. La banque a ouvert ses portes en 1912.

Sur la rue Moody non loin, on retrouve un des derniers clubs sociaux franco-américains, Le Passe-Temps. «J’parle français, moé, j’t’un bon garçon», lance un homme visiblement ivre devant l’immeuble.

À l’intérieur, l’endroit est sombre et enfumé, quelques hommes jouent au billard. Le barman, Léo Michaud, est un des derniers qui parlent français.

Aujourd’hui, pour entendre le français, il faut se diriger vers les résidences de personnes âgées et les salons de barbier et il ne reste hélas plus rien du quartier Little Canada, où habitaient des milliers de Canadiens français.

Louis Cyr

Le quartier a été rasé dans les années 1970 après un plan de revitalisation de la ville. Les derniers résidents ont été chassés, et la communauté francophone a été décimée.

C’est d’ailleurs dans Little Canada que Louis Cyr a grandi avec sa famille après avoir quitté le Québec en 1878.

Il habitait rue Hall dans le plus grand immeuble d’ouvriers, le Harris Block, qui comptait 300 locataires.

Grâce à la popularité du film sur Louis Cyr au Québec, la ville de Lowell veut maintenant installer une plaque commémorative dans le stationnement où se trouvait l’immeuble à l’époque.

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