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Terne la course au Bloc ? Attention!

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Au jour limite des mises en candidature, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste Mario Beaulieu a déposé son bulletin pour entrer dans la course à la direction du Bloc québécois. Ce qui est à la mode, c’est de dire que la course au Bloc n’intéresse personne, que ça va être ennuyeux et que, de toute façon, le Bloc est mort depuis la dernière élection.

Au jour limite des mises en candidature, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste Mario Beaulieu a déposé son bulletin pour entrer dans la course à la direction du Bloc québécois. Ce qui est à la mode, c’est de dire que la course au Bloc n’intéresse personne, que ça va être ennuyeux et que, de toute façon, le Bloc est mort depuis la dernière élection.

Prudence. Il est possible que la course soit plate, il est possible que le Bloc meure. Mais les choses pourraient aussi tourner autrement. D’abord, avec ses quatre députés, le Bloc n’est pas fort, mais il n’est pas mort. Même si le mouvement ne vit pas ses meilleures années, le vote souverainiste fournit un fond de commerce quand même solide au Bloc. Et dans des luttes à quatre partis, on peut arracher un siège avec aussi peu que 28 ou 29 %.

Résurrection possible

Je ne crois pas que le Bloc ait une chance de revivre l’exploit de l’époque Lucien Bouchard, mais il est possible quand même de rebondir avec un nombre significatif de sièges. En somme, le futur chef du Bloc peut faire une différence. Bien que je ne croie pas personnellement à l’utilité du Bloc dans la politique fédérale, je constate néanmoins que ses chances de faire certains gains électoraux sont bien réelles.

Mais cette course a un autre aspect fort intéressant. Le dernier arrivé des candidats à la chefferie, Mario Beaulieu, croit à la souveraineté dur comme fer. Il croit que les souverainistes doivent mettre cette option à l’avant-scène avant, pendant et après les élections. Son engagement au Bloc s’inscrit clairement dans cette volonté d’orienter le mouvement souverainiste dans la direction que souhaite Jacques Parizeau: cap sur l’indépendance.

L’autre candidat est issu du caucus et offre une approche pas mal plus pragmatique. Sans renier la souveraineté, il voit le Bloc comme une coalition qui veut aller chercher des votes dans un bassin plus large, en présentant le Bloc comme le défenseur des intérêts du Québec. Il semble croire à la théorie voulant que les Québécois ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier pour espérer qu’ayant sorti le PQ à Québec, nous serons tentés de redonner du mordant au Bloc à Ottawa. Par contre, pour récolter les bénéfices dans ce scénario, il faut éviter de faire peur à la population avec la souveraineté.

Première manche ?

Voilà donc un débat fondamental: quelle place doit prendre l’option de la souveraineté dans les campagnes électorales des partis dits souverainistes? Cette interrogation se retrouve au cœur de toute la réflexion de lendemain de défaite au Parti québécois. Et elle se retrouvera également au cœur de la prochaine course à la direction du PQ. Or, le choix du chef au Bloc fournit la première occasion de trancher la question dans le mouvement souverainiste.

Peut-on imaginer que ceux qui rêvent de devenir chef du PQ vont s’en mêler pour avoir un allié plutôt qu’un encombre à Ottawa? Voilà qui met du piquant.

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