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Franco-Américains

La famille Fortier lutte pour la langue

Dossier francos-américains
La famille Fortier est une des rares qui parlent encore français à la maison à Lewiston.

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La famille Fortier est une exception à Lewiston. Le français a été préservé de génération en génération et c’est encore aujourd’hui la langue parlée à la maison.

La famille Fortier est une exception à Lewiston. Le français a été préservé de génération en génération et c’est encore aujourd’hui la langue parlée à la maison.

«Nos enfants ont appris le français dès leur naissance. Le français qu’ils ont appris, c’est celui avec l’accent du Québec», dit Bernard Fortier, 55 ans, à propos de ses trois enfants, Daniel, 18 ans, Justin, 21 ans et Michèle, 23 ans.

Au menu chez les Fortier ce jour-là, c’était spaghetti et soupe aux pois. Leur fille de 23 ans, maintenant installée en Californie, les accompagnait via Skype.

Accent anglais

«On est l’exception à Lewiston. Ceux qui parlent français, ce sont les 50 ans et plus. Trouver des jeunes qui parlent français est rare», ajoute M. Fortier, qui a enseigné le français pendant plus de 20 ans dans les écoles de la région.

La bibliothèque familiale est remplie de livres d’enfants en français et de cassettes VHS de films hollywoodiens doublés en français. Bref, ils ont grandi comme une famille typique au Québec.

Les enfants Fortier parlent français avec un léger accent anglais. «Quand j’étais jeune, je n’aimais pas parler français parce que j’étais gênée. Mon père était le seul au match de soccer qui hurlait: ‘‘Vas-y Michèle!’’ Aujourd’hui, j’en réalise la valeur», dit l’aînée.

La famille revenait tout juste d’un voyage au Québec. Ils se font un devoir chaque fois de rapporter des provisions de sirop d’érable de la cabane à sucre L’En-Tailleur à l’île d’Orléans. Ils en envoient même à leur fille à Los Angeles.

Réveillons

Le père de Bernard est né à Biddeford dans le Maine et ses grands-parents viennent de Sainte-Julie au Québec. Sa femme Pauline, 52 ans, est née à Biddeford, elle est aussi Franco-Américaine.

«Je dirais que beaucoup d’aspects de notre culture disparaissent. Depuis quelques années les réveillons, ça n’existe plus. C’est tragique d’une certaine façon, mais c’est difficile parce que le milieu est entièrement anglophone», conclut M. Fortier.

 
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