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Franco-Américains

La honte de parler français

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Les Franco-Américains n’ont pas toujours été les bienvenus dans les hautes sphères aux États-Unis. «Nous avons vécu la honte du nom de famille», dit Severin Beliveau, avocat et plus puissant lobbyiste du Maine.

Les Franco-Américains n’ont pas toujours été les bienvenus dans les hautes sphères aux États-Unis. «Nous avons vécu la honte du nom de famille», dit Severin Beliveau, avocat et plus puissant lobbyiste du Maine.

Plusieurs attribuent la disparition du français dans le Maine à une loi de 1919 qui interdisait l’usage du français dans les écoles et même dans les cours d’école. La loi a disparu en 1969.

Punition

Écrire «je ne vais pas parler français à l’école» à répétition était un châtiment commun pour les Francos-Américains à cette époque.

«À cause de cette loi, nous avons commencé à prononcer notre nom de famille à l’anglaise. On a finalement senti le vent tourner dans les années 70 et 80», dit M. Beliveau.

Louis Morin, 47 ans, a vécu la honte de parler français. «Ma mère me répétait sans cesse: Si tu es Canadien français, tu dois être deux fois plus intelligent pour être considéré la moitié moins intelligent».

Dans son enfance, la moitié de la journée à l’école se déroulait en français et l’autre moitié en anglais, comme dans toutes les écoles paroissiales en Nouvelle-Angleterre.

«Puis, soudainement, je devais parler seulement en anglais à l’école. J’avais un accent au début et je me faisais traiter de frog», explique le directeur du Centre d’Héritage franco-américain de Lewiston.

Louis Morin a commencé à refuser que ses parents lui parlent en français en présence de ses amis. «J’ai perdu ma langue», dit-il avec regret aujourd’hui.

Le travail manuel

«Les Franco-Américains valorisaient seulement le travail manuel pendant un long moment», admet Severin Beliveau, avocat.

La culture a longtemps été opprimée dans les universités et par le gouvernement dans le Maine.

«Mais on sent un intérêt de la part des nouvelles générations, des tentatives de la réanimer. Ils veulent en connaître plus sur leurs parents et l’origine de leurs grands-parents», dit Severin Beliveau.

 

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