/opinion/columnists
Navigation

Sexisme féminin

Coup d'oeil sur cet article

Plus tôt cette semaine, on apprenait que la ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, n’écarte pas l’idée d’imposer des quotas de femmes dans la sphère politique. Elle répond ainsi à l’appel de la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, pour qui une législation serait nécessaire afin d’assurer la parité hommes-femmes à l’Assemblée nationale.

Plus tôt cette semaine, on apprenait que la ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, n’écarte pas l’idée d’imposer des quotas de femmes dans la sphère politique. Elle répond ainsi à l’appel de la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, pour qui une législation serait nécessaire afin d’assurer la parité hommes-femmes à l’Assemblée nationale.

L’intention derrière les mesures de discrimination positive est louable. En revanche, le principe même de la discrimination positive est non fondé, rétrograde, injuste, dégradant, sexiste et carrément irrationnel.

Non fondé: La discrimination positive suppose que la parité hommes-femmes serait la seule forme de représentation acceptable. Or, pourquoi devrait-il impérativement en être ainsi? Pour des raisons qui leur sont propres, les femmes sont nombreuses à dédaigner la politique, tout comme elles sont nombreuses à n’éprouver que peu d’intérêt pour la boxe, la plomberie ou le camionnage. Par conséquent, pourquoi forcer artificiellement la parité à travers des moyens législatifs? Et quel serait l’avantage pour un parti politique de devoir recruter beaucoup de femmes à l’intérieur d’un éventail restreint de candidates?

S’émanciper c’est s’affranchir

Rétrograde: Jadis, au nom de certaines normes sociales, les femmes devaient se limiter à certains emplois. Aujourd’hui, au nom d’autres normes et sous prétexte de contribuer à leur émancipation, des bien-pensant(e)s les poussent à épouser une carrière politique. Or, s’émanciper, c’est s’affranchir des dictats d’une autorité. C’est être libre de choisir ce qui plaît, libre de refuser ce qui ennuie. Remplacer une norme par une autre, substituer l’ukase du Conseil du statut de la femme à celui des hommes d’autrefois, c’est l’antithèse du progrès.

Injuste: Puisque la proportionnalité est élevée au rang de valeur, ne faudrait-il pas également introduire des quotas d’hommes pour les métiers majoritairement féminins comme les soins infirmiers, les services de garde ou les services sociaux? Or, à cet égard, rien n’existe. Messieurs, réveillez-vous et réclamez donc un Conseil du statut de l’homme!

Dégradant: En accordant un privilège aux femmes en fonction d’un critère non professionnel et indépendant de leur mérite, la discrimination positive suppose que sans traitement de faveur, elles sont incapables de réussir. C’est une politique de charité et d’assistanat dévalorisante. Surtout, c’est une politique qui repose implicitement sur la présomption d’infériorité des femmes.

Droits inégaux

Sexiste: Les quotas de femmes sont l’équivalent d’une politique discriminatoire à l’encontre des hommes. Certes, cette politique vise à rectifier les injustices du passé. Mais est-il moralement défendable de corriger une iniquité par une autre iniquité, de brimer un groupe pour en avantager un autre?

Irrationnel: D’une part, les femmes veulent être les égales des hommes. D’autre part, elles revendiquent des privilèges, et donc des droits inégaux. Elles réclament une chose et son contraire. Bravo pour la logique!

La discrimination positive est une jolie expression pour désigner une politique inspirée par des visées nobles. Mais il faut se méfier, car en matière de discrimination, il n’y a jamais rien de positif!

 
Commentaires