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Franco-Américains

Difficile d’intéresser les jeunes

Dossier francos-américains
Photo Marie-Joëlle Parent «Nous, on continue à parler français dans notre famille, mais on est des anachronismes», dit Robert Perreault, professeur de français au Collège Saint Anselm.

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Autrefois, près de la moitié de la ville de Manchester parlait français. Aujourd’hui, il ne reste plus que les personnes âgées et quelques rares familles.

Autrefois, près de la moitié de la ville de Manchester parlait français. Aujourd’hui, il ne reste plus que les personnes âgées et quelques rares familles.

«C’est difficile d’intéresser les plus jeunes. Mes étudiants ne savent pas comment prononcer leur nom en français», dit Robert Perreault, historien et professeur de français au Collège Saint Anselm.

Un certain dédain pour l’accent québécois existe toujours. «Je ne suis pas comme beaucoup d’autres professeurs qui disent qu’il ne faut pas parler comme un Québécois et qu’il faut parler le ‘’bon’’ français de France», dit M. Perreault.

Maurice Pilotte, ancien politicien à la retraite, a enseigné le français pendant 38 ans à Manchester.

«Ce qui est arrivé aux Francos ici, c’est ce qui arrive dans un pays unilingue. La première génération a des problèmes avec la langue anglaise, la deuxième subit la honte de ne pas parler anglais, la troisième génération perd la langue française et c’est la quatrième qui veut retrouver la langue».

Génération persécutée

«Ma génération s’est sentie persécutée parce qu’on parlait français», dit à ce propos Pauline Cusson, 68 ans, directrice du Centre de généalogie de la ville.

Les écoles paroissiales bilingues ayant disparu durant la moitié du 20e siècle, il est difficile aujourd’hui d’apprendre le français en Nouvelle-Angleterre.

«Il n’est plus possible d’étudier en français à temps plein à Manchester, il y a des cours de français dans les écoles, mais seulement au secondaire et à l’université», dit Adèle Boufford Baker, Franco-Américaine très impliquée dans la préservation de la culture.

«Comme la plupart de nous, nos enfants ne parlent pas français et ça m’attriste beaucoup», ajoute-t-elle.

 
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