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Encore l’avortement

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Difficile à suivre, par moments, Trudeau junior. Veut-il devenir premier ministre ou gourou? Pendant que Thomas Mulcair utilise sa visibilité comme chef de l’Opposition pour embarrasser le gouvernement Harper, Justin Trudeau s’amuse avec des concepts certes progressistes, mais qui font peu pour améliorer le sort de la classe moyenne.

Difficile à suivre, par moments, Trudeau junior. Veut-il devenir premier ministre ou gourou? Pendant que Thomas Mulcair utilise sa visibilité comme chef de l’Opposition pour embarrasser le gouvernement Harper, Justin Trudeau s’amuse avec des concepts certes progressistes, mais qui font peu pour améliorer le sort de la classe moyenne.

Après sa sortie en faveur de la légalisation de la marijuana – je ne suis pas contre, mais on ne saurait parler d’un enjeu national urgent –, voilà qu’il remet l’avortement sur la table, en exigeant des nouveaux candidats libéraux qu’ils soient pro-choix. Aucune dissidence ne sera tolérée. Le dossier serait, dit-il, clos au Canada.

Non, le dossier de l’avortement n’est pas fermé. On l’a balayé sous le tapis par couardise politique.

Je serai transparente: je suis en faveur de l’avortement sans condition pendant le premier trimestre. Après, des balises, de plus en plus contraignantes au fur et à mesure que la grossesse progresse, devraient s’appliquer. Comme dans tous les pays pro-choix civilisés. Tous les droits ont des limites raisonnables.

Je ne tire aucune fierté à ce que le Canada soit un des trois seuls pays au monde où aucune loi n’encadre l’avortement quand les deux autres sont la Chine et la Corée du Nord.

Le Canada, un cas à part

Les prospects libéraux devront-ils passer le test du détecteur de mensonges pour débusquer ces dinosaures qui, en leur âme et conscience, aimeraient mieux vivre dans un pays où on n’a pas le droit d’avorter un fœtus ­féminin parce que la nature n’a pas livré le fils désiré? Un pays où les avortements sont balisés à partir du moment où le fœtus est viable hors du corps de la mère?

Ce pays-là, ce n’est pas le Canada, car, ici, tout est légal.

Or, 60 % des femmes appuieraient un projet de loi visant à restreindre le droit à l’avortement à partir du deuxième trimestre, selon un sondage Ipsos Reid sur les valeurs canadiennes.

En théorie, au Canada, une femme peut se faire avorter le jour même de l’accouchement, sans aucune conséquence. Bien peu de médecins accepteraient de pratiquer des avortements tardifs sans raison médicale grave, mais rien ne l’interdit sur le plan juridique.

En invalidant la loi de Trudeau senior en 1988, la Cour suprême du Canada a retourné le dossier au Parlement. Sauf qu’aucun parti au pouvoir n’a eu le courage de définir jusqu’où doit aller la pensée «pro-choix» au Canada depuis. On ne peut même pas discuter des avortements sexo-sélectifs!

Liberté de conscience

Il y a quand même quelque chose d’ironique à vouloir protéger la liberté de choix des femmes en piétinant la ­liberté de conscience des élus.

Un grand parti politique, pas un parti d’une seule cause, ne peut se permettre de refuser des candidats pour seul délit d’opinion sur des questions aussi personnelles que l’avortement ou l’euthanasie. C’est l’ensemble des qualités des candidats qui doit primer, pas leur opinion sur des sujets pointus qui relèvent de leur âme et conscience.

 

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