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Franco-Américains

La ville « la plus française »

Woonsocket a résisté plus longtemps à l’assimilation que les autres lieux peuplés par les Québécois

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Dans les années 1930, Woonsocket, la ville qui a servi de toile de fond au film Les Tisserands du pouvoir, était reconnue comme la ville «la plus française des États-Unis».

Dans les années 1930, Woonsocket, la ville qui a servi de toile de fond au film Les Tisserands du pouvoir, était reconnue comme la ville «la plus française des États-Unis».

Ce n’est hélas plus le cas, la plupart des usines de textile ont fermé leurs portes après la Grande Dépression et les francophones ont peu à peu disparu.

«Je vous dirais que, sur un plan personnel, ce furent les recherches les plus déprimantes de ma vie», dit Claude Fournier à propos de la préparation de son film Les Tisserands du pouvoir.

«On cherchait ce qu’était devenu le million de Québécois, en pensant que la langue avait été sauvegardée. Déjà en 1985, c’était évident que c’était en voie de disparition», dit-il.

L’assimilation à Woonsocket a été plus longue que dans d’autres villes de la Nouvelle-Angleterre puisqu’il y a eu, vers 1900, une deuxième vague de propriétaires d’usines venus de France et de Belgique, attirés par la main-d’œuvre francophone.

La première chose qu’on remarque aujourd’hui en arrivant au centre-ville, c’est l’immense murale en français qui accueille les visiteurs: «Bienvenue».

On remarque ensuite le nom des artères, comme le boulevard Lefrançois, les rues Verdun et Roberge, ou les avenues Thibeault et Fournier.

Drapeau du québec

Aucun doute, on est ici en ancien territoire francophone. Il y a une centaine d’années, 70 % de la population de Woonsocket était canadienne-française.

Il reste encore quelques traces de cet héritage. Des Franco-Américains plantent encore un drapeau du Québec sur leur pelouse.

«C’est assez remarquable et héroïque de voir ceux qui continuent de lutter pour la langue, c’est presque une cause désespérée et perdue», dit Claude Fournier.

Il y a aussi l’émission de radio de Roger Laliberté et sa femme Claudette sur les ondes de WNRI. Leur émission de musique francophone, L’Écho musical, existe depuis plus de 50 ans.

Mais la principale attraction est le Musée du travail et de la culture situé au centre-ville. C’est grâce à ce lieu que la culture survit.

On y raconte, grâce à des décors grandeur nature, le quotidien des immigrants canadiens-français en Nouvelle-Angleterre.

Le musée a fêté ses 16 ans à la mi-octobre et plusieurs Québécois s’y rendent chaque année, pour en apprendre plus sur leurs ancêtres.

À la tête de ce musée, on trouve Raymond Bacon, 76 ans. Il a enseigné l’histoire de Woonsocket à l’école secondaire pendant 20 ans.

Ses parents viennent de Saint-Gabriel-de-Brandon et de Saint-Didace au Québec. Il se souvient encore de l’époque où l’on recevait les journaux du Québec à Woonsocket.

Saint-hyacinthe

C’est M. Bacon qui a conseillé Claude Fournier avant le tournage de son film. «Il est venu me rencontrer en 1987. On lui a montré des diapositives de la ville, on lui a parlé des usines de textile. Il cherchait des endroits qui ressemblent à Saint-Hyacinthe», raconte M. Bacon.

Seules quelques scènes ont été tournées dans la petite ville, le reste a été recréé au Québec. Le film a pris l’affiche en 1988. Le maire de Woonsocket s’était rendu à Montréal pour la première.

 

Francos-Américains connus
Mike Michaud: représentant démocrate du Maine au Congrès américain.
Paul Lepage: gouverneur du Maine.
Jon Favreau: ancien rédacteur des discours de Barack Obama et scénariste.
Severin Beliveau: politicien influent et lobbyiste.
Emmett Beliveau: directeur du bureau militaire de la Maison-Blanche.
Eugene Joseph Dionne: journaliste au Washington Post.
Mike Gravel: politicien démocrate qui a rendu publics les «papiers du Pentagone» en 1971.
Jack (Jean-Louis) Kerouac: (mort en 1969) auteur de On The Road, né à Lowell.
Calixa Lavallée (mort en 1891): il a composé l’hymne national du Canada, a habité à Lowell et s’est marié dans cette ville du Massachusetts en 1867.
Dan Duquette: ancien directeur général des Red Sox et v.-p. des opérations des Orioles de Baltimore.
Napoleon «Nap» Lajoie (mort en 1959): joueur de baseball, au temple de la renommée. Son surnom au sein des Phillies était «The Frenchman».
Grace DeRepentigny Metalious (morte en 1964): auteure du livre Peyton Place (1956).
Félix Hébert (mort en 1969): ancien sénateur du Rhode Island.
Dewey G. Archambault (mort en 1969): ancien maire de Lowell.
George Charette (mort en 1938): vétéran de la guerre, récipiendaire de la médaille d’honneur du Congrès américain.
Josée Vachon: chanteuse.
Sylvio Dupuis: optométriste et ancien maire de Manchester entre 1972 et 1975.
Josephat Benoit (mort en 1976): maire de Manchester pendant un nombre record de neuf mandats consécutifs entre 1944 et 1961. Il est né au Québec et a immigré aux États-Unis à l’âge de sept ans. Il détenait deux doctorats et a été l’éditeur en chef de L’Avenir National, un quotidien français de Manchester.
Leo Fontaine: maire de Woonsocket jusqu’en novembre 2013.
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