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Le plan d'action du SPVM sur la prostitution et l'exploitation sexuelle «ne sera pas miraculeux»

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Le plan d’action sur la prostitution et l’exploitation sexuelle présenté hier par le SPVM ne va pas assez loin dans la criminalisation des clients, estime la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle.

«On est déçu de voir qu'il n'y a rien sur les clients. S'ils se sentaient moins impunis, les prostituées auraient moins de problèmes», estime Éliane Legault-Roy, porte-parole de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES).

Le SPVM se donne trois ans pour mettre en place une Escouade métropolitaine mixte (EMM) spécialisée dans la prostitution et la traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle.

Cette escouade regroupera la trentaine d'enquêteurs déjà dédiés au phénomène, mais éparpillés aux quatre coins de la ville. Le SPVM, qui arrête entre 20 et 30 proxénètes chaque année, entend gagner en efficacité.

«Notre souhait est aussi de créer des postes supplémentaires. Mais cela demande des sous et cela dépendra donc des ministères», précise l'inspecteur-chef Johanne Paquin.

Les membres de l'escouade travailleront en collaboration avec la police de Laval, Longueuil et la Sûreté du Québec.

Cette mesure fait partie d'un plan d'action triennal présenté par le SPVM, qui voit davantage les prostituées comme des victimes, plutôt que des criminelles. Ce plan inclut la création d’un lieu centralisant les services dédiés aux personnes victimes d’exploitation sexuelle (toxicomanie, aide juridique...).

Il prévoit aussi une ligne téléphonique disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, destinée aux victimes d'exploitation sexuelle ou de toute autre personne ayant de l'information à transmettre.

«Pas miraculeux»

Le SPVM compte également mieux former ses agents. «On veut qu'ils comprennent mieux et supportent mieux les victimes. On a constaté qu'il y avait un manque de connaissances primaires et d'outillage», admet Johanne Paquin.

La Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES) salue cette orientation. «On approuve les démarches pour traiter davantage les prostituées en victimes de l’exploitation sexuelle, et améliorer leurs relations avec la police», salue la porte-parole Éliane Legault-Roy.

«Mais ce ne sera pas miraculeux à mon avis. Les prostituées n'ont pas confiance quand elles voient des policiers, elles ont peur de se faire arrêter parce qu'elles dérangent sur la place publique. Ce serait déjà bien si elles osaient aller parler quand elles sont victime de violence».

Sur ce point, le CLES salue la centralisation des services. «Pour les femmes, ça peut être pénible d’aller voir cinq ressources différentes et de devoir raconter cinq fois son problème».

Le CLES pense aussi que le plan du SPVM ne va pas assez loin dans la criminalisation des clients.

Le proxénétisme
à Montréal
300
salons de massage érotique
30
bars de danseuses
Grand Montréal:
1077
lieux reliés à l’industrie du sexe*
30
enquêteurs spécialisés au SPVM
Entre
20 et 30
proxénètes arrêtés par an, dont la moitié exploite des mineurs
8
victimes d’exploitation sur 10 sont des Québecois(es)
Principaux réseaux proxénètes:
gangs
de rue
Nombre de prostitué(e)s:
inconnu
Source : SPVM et CLES
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