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À peine 5% des policiers du SPVM ont renouvelé leur qualification au tir en 2013

Seulement 5 % des agents de la police de Montréal ont pu renouveler leur qualification au tir en 2013

Détraqué au JdeM
Photo d’Archives Bien qu’impliqués dans 80 % des échanges de coups de feu avec des suspects, les agents du SPVM affichent pourtant le taux de qualification au tir le plus bas des policiers du Québec.

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À peine 250 des 4600 policiers du SPVM ont renouvelé leur qualification au tir en 2013, alors que les normes dictées par le ministère de la Sécurité publique exigent que cette formation soit remise à niveau chaque année.

À peine 250 des 4600 policiers du SPVM ont renouvelé leur qualification au tir en 2013, alors que les normes dictées par le ministère de la Sécurité publique exigent que cette formation soit remise à niveau chaque année.

Ce n’est guère mieux pour les patrouilleurs qui souvent se retrouvent en première ligne dans les rues: ils ne sont qu’une centaine à avoir pu faire confirmer la pleine maîtrise de leur arme de service l’an dernier. Près de la moitié des agents du SPVM sont affectés à la patrouille.

Ces données sur les qualifications au tir apparaissent dans une plainte que la Fraternité des policiers a transmise à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) et dont Le Journal a pu obtenir copie.

Ce taux anémique de qualification au tir au pistolet n’est cependant pas banal lorsqu’on considère que les agents montréalais sont impliqués dans 80 % des échanges de coups de feu avec des suspects qui surviennent chaque année au Québec.

Le coroner ignoré ?

C’est le coroner Jean Brochu qui l’a noté en octobre 2012 dans son rapport sur la mort de Mario Hamel. Couteau en main, cet itinérant avait été abattu par des patrouilleurs au centre-ville. Un passant, Patrick Limoges, avait alors été fauché par une balle perdue.

Dans son rapport, le Dr Brochu recommandait au SPVM «de prendre les mesures nécessaires pour que son personnel policier bénéficie des meilleures conditions d’entraînement».

«Les problématiques de l’entraînement au tir et de la qualification des policiers représentent une situation demandant une amélioration significative et rapide», insistait le coroner.

Intervention réclamée

Or, le taux de qualification au tir au pistolet a chuté à 5 % des effectifs du service dans l’année qui a suivi. Préoccupée et jugeant que la direction «se comporte de manière insouciante», la Fraternité des policiers du SPVM a réclamé en début de semaine l’intervention de la CSST.

«La situation qui prévaut actuellement est susceptible de mettre en danger des policiers, de même que les citoyens qu’ils protègent», écrit Yves Francoeur, président du syndicat, dans sa requête.

Le porte-parole de la Fraternité a indiqué hier qu’on préférait ne pas commenter l’affaire, estimant que la plainte présentée à la CSST était suffisamment éloquente.


Au cours des cinq dernières années, les policiers du SPVM ont fait feu à 55 reprises, lors de 28 incidents. 
Trop peu d’exercices en 2013 ?
Agents qui ont pu effectuer une pratique
1417
POLICIERS
549
PATROUILLEURS
Agents qui ont obtenu leur qualification annuelle
254
POLICIERS
101
PATROUILLEURS
La norme en vigueur
«
Le directeur d’un corps de police s’assure que tous les policiers à qui il remet une arme de service [...] se requalifient au moins une fois l’an. »
Extrait du Guide des pratiques policières – Ministère de la Sécurité publique
L’arme de service au SPVM est le pistolet Walther P99QA, de calibre 9 mm.
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