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Incapable de se pardonner son crime

daniel benson
photo sarah-maude lefebvre Condamné à perpétuité pour meurtre, Daniel Benson a passé 17 ans en prison. Il travaille maintenant en réhabilitation auprès de criminels.

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Daniel Benson n’avait que 19 ans lorsqu’il a été condamné à la prison à vie pour le meurtre du conjoint de sa mère.

«Ma famille, mes amis, tout le monde m’a pardonné. Mais pas moi. Je ne me pardonnerai jamais d’avoir enlevé la vie d’un homme», lance-t-il, le regard sombre.

Au départ, rien ne prédestinait Daniel à commettre un tel geste. «Je viens d’une famille on ne peut plus normale. Mes parents ont divorcé quand j’avais neuf ans. Ma mère s’est remise en couple avec un homme qui la battait. Je me sentais tellement impuissant et responsable; j’étais l’homme de la famille depuis le départ de mon père. Un jour, j’ai tué cet homme. J’avais 18 ans», a raconté M. Benson au Journal.

En prison à vie

À 19 ans, Daniel a été condamné à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération avant 25 ans.

«C’est la plus grosse sentence qu’on peut recevoir. Sur le coup, j’ai réalisé que je passerais plus de temps en prison que j’en avais vécu jusque-là. En 1982, les pénitenciers étaient violents. J’étais persuadé que je n’en ressortirais pas vivant», résume-t-il.

Le jeune homme occupe son temps «en dedans» en faisant des études. Il souhaite devenir un moine cloîtré à sa sortie «pour me punir encore davantage de ce que j’avais fait».

À 35 ans, il bénéficie d’une libération conditionnelle. Le retour à la vie «normale» est difficile. «Si on me regardait plus de deux minutes dans l’autobus, je pensais que j’étais surveillé. Tous les jours, à 16 h, je me sentais mal. C’était habituellement l’heure où l’on faisait le décompte en prison.»

En 2001, une connaissance lui parle du service Option Vie, aujourd’hui disparu, qui venait en aide aux détenus purgeant une sentence à perpétuité. C’est le «coup de foudre».

Depuis ce jour-là, Daniel Benson travaille à plein temps auprès des criminels les plus dangereux de notre société pour les aider à se réhabiliter.

«Je crois que je peux les aider. Quand quelqu’un me dit qu’il est tanné d’être en prison, je comprends ce qu’il ressent.»

Un lourd fardeau

L’intervenant affirme penser tous les jours à l’homme qu’il a assassiné. Il reçoit tous les trois mois la visite d’un agent correctionnel.

«Je ne peux pas changer cette réalité-là. J’ai commis un crime grave. Ma victime est mon compagnon de vie. Elle m’accompagne tous les jours. Je ne pourrai jamais lui redonner sa vie.»

Habitué à côtoyer les criminels les plus dangereux, il croit fermement que tout être humain peut changer.

«Personne ne se lève un matin en se disant que ce serait une bonne idée d’aller tuer un enfant ou une femme. C’est quelque chose qui s’installe dans la tête et qui finit par exploser. J’ai vu de gros criminels pleurer dans mon bureau. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui ne regrettait pas ce qu’il avait fait.»

Néanmoins, Daniel affirme demeurer «prudent».

«Je ne prends aucun risque. Je dis toujours la vérité à la Commission des libérations conditionnelles lorsque je témoigne. Je ne pourrais pas prendre le risque qu’une personne en détresse sorte et fasse du mal à quelqu’un. Je ne pourrais pas vivre avec ça. Je m’accrocherais le corps.»

 

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